"Erika", un préjudice écologique Soixante et onze parties civiles, 15 prévenus (dont Total), 75 experts, 93 tomes de dossiers, un budget de 500 000 euros. Après 10 mois de débats et de délibérés, un verdict pour l’histoire.
Pour la première fois en France, un jugement reconnaît l’existence d’un "préjudice écologique". La firme pétrolière française est reconnue coupable d’imprudence et devra payer une amende de 375 000 euros.
Les six avocats du groupe Total, de deux de ses filiales et de son ancien responsable de la sécurité Bertrand Thouillin ont plaidé une relaxe générale mercredi au procès du naufrage du pétrolier Erika en 1999, se disant victimes d'une aberration juridique.
Après presque quatre mois de procès, le parquet de Paris va prendre ses réquisitions lundi prochain contre les 15 prévenus du procès du naufrage du pétrolier Erika en 1999
Karun Mathur, le capitaine indien de l'Erika, pétrolier qui a provoqué une vaste marée noire en coulant au large de la Bretagne en 1999, s'est constitué partie civile au procès où il est au nombre des prévenus.
La nature n'est pas rancunière. Quatre ans près le naufrage de l'« Erika », les côtes atlantiques ont effacé quasiment toutes les agressions provoquées par le déversement de milliers de tonnes de fioul.
Les principaux troubles menaçant les ramasseurs de fioul sont d’ordre musculaire et dorsal. Quant au risque alimentaire, il reste particulièrement faible.
«Trop, c'est trop ! » Face à la passivité de l'Europe, la France et l'Espagne prennent les devants. Jacques Chirac et José Maria Aznar, le chef du gouvernement espagnol, ont décidé d'interdire la circulation des « navires poubelles ».
Un an exactement après le naufrage du pétrolier maltais « Erika », le Bureau enquêtes accidents mer (BEA) a livré ses conclusions : l'« Erika » a coulé... parce que le navire devait couler. M. de La Palice aurait pu en dire autant !.
Onze mois après le naufrage de l'« Erika », le travail de nettoyage des 400 kilomètres de côtes souillées n'est pas terminé. Et l'indemnisation pose encore des problèmes.
Autant, en décidant d'affréter le pétrolier « Erika », TotalFina-Elf avait fait un choix catastrophique, autant ses options technologiques, approuvées le 18 février 2000 par le ministère des Transports, pour le pompage de l'épave se sont révélées judicieuses.
Comment convaincre l’opinion que le message médiatique était faux ? On avait prévu la marée noire de l’« Erika » en Charente-Maritime, et le département fut épargné. Maintenant, il faut rétablir la vérité.
Le mazout de l’« Erika » est un « produit noir », comme on l’appelle dans le jargon pétrolier. Ce mélange de résidus, présent aussi dans l’asphalte et le bitume, peut constituer un réel danger pour la santé des gens qui le manipulent.
Pour les membres de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), réunis sur la plage de l'île Longue, en rade de Brest, ces premiers lâchers d'oiseaux démazoutés sont la récompense de deux mois de dévouement.
La Bretagne cherche un coupable pour crime de marée noire. Accumulant les bévues, TotalFina est le candidat idéal. Le fier meneur d’OPA n’en mène pas large.
Alors que l'« Erika », un pétrolier affrété par Total-Fina, venait à peine de sombrer, les experts du Cedre (Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) faisaient déjà joujou dans leur « polludrome. »