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16:27    |    28/11/2008 AFP

SDF: un 6e mort, Sarkozy cherche un difficile équilibre sur l'hébergement

SDF: un 6e mort, Sarkozy cherche un difficile équilibre sur l'hébergement

En pleine polémique sur l'hébergement des SDF, et quelques heures après la mort d'un sixième sans-abri, Nicolas Sarkozy a cherché vendredi à concilier les points de vue, prônant une assistance minimale, mais pas d'hébergement obligatoire.

En pleine polémique sur l'hébergement des SDF, et quelques heures après la mort d'un sixième sans-abri, Nicolas Sarkozy a cherché vendredi à concilier les points de vue, prônant une assistance minimale, mais pas d'hébergement obligatoire.

"Il faut agir de façon à ce que plus personne ne meure de froid en 2008, dans l'un des pays les plus riches au monde. C'est un scandale", a lancé le chef de l'Etat, lors d'un discours sur la politique du logement à Meaux.

Un écho de sa campagne présidentielle, quand il s'était engagé en décembre 2006 à faire en sorte que "d'ici deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid".

Promesse difficilement tenable, en l'absence d'hébergements en nombre et en qualité suffisants, ce qui pousse nombre de SDF à refuser les places d'accueil d'urgence.

En un an, selon l'association Emmaüs, 265 sans-abri sont morts dans la rue, mais le problème occupe à nouveau le devant de la scène depuis quelques semaines avec le retour des grands froids et le décès de six sans-abri en un mois en région parisienne. Le dernier a été retrouvé vendredi matin sur un trottoir du IVe arrondissement de Paris.

La polémique a enflé après le Conseil des ministres de mercredi, au cours duquel M. Sarkozy a estimé que les pouvoirs publics avaient "le devoir et la responsabilité" de "ne pas laisser mourir" de froid les sans domicile fixe.

Sortant de l'Elysée, la ministre du Logement Christine Boutin avait alors annoncé une réflexion sur l'hébergement obligatoire des sans-abri sous un certain seuil de température (elle a ensuite mentionné moins 6 degrés).

Tollé immédiat des associations, qui ont fustigé une "grave régression", comme Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, ou une "idée bête", comme la fondation Abbé Pierre.

François Fillon avait cherché à désamorcer la polémique en affirmant jeudi qu'il n'était "pas question d'obliger" les SDF, mais qu'il y avait "un devoir d'assistance à personne en danger".

"Le Premier ministre a eu parfaitement raison de dire qu'on ne peut pas obliger quelqu'un à rester dans un centre d'hébergement s'il ne le veut pas", a abondé vendredi Nicolas Sarkozy.

Et de prôner "un équilibre de bon sens à trouver", avec pour axe le fait de savoir si la personne "est lucide pour décider de sa vie ou de sa mort". "Est-ce qu'un homme ou une femme en pleine nuit dans le bois de Vincennes, malade, peut-être ayant bu, vivant dans des conditions épouvantables depuis des semaines, est-ce qu'il a la lucidité de savoir s'il veut ou s'il ne veut pas?"

"Je propose que cette personne-là, on lui donne à manger, on lui propose de la soigner, on lui permette de prendre une douche ou un bain, on lui montre la chambre ou le lit qu'on lui propose. Si elle n'en veut pas, elle s'en va, elle reprend la rue, c'est le respect de la dignité de la personne" de son "autonomie" et de sa "liberté", a dit le président.

Le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a traduit un peu plus tard la suggestion d'une analogie médicale, estimant qu'"une personne SDF doit pouvoir se prévaloir d'un +refus éclairé+", impliquant que tous les risques de son comportement lui ont été présentés clairement.

Reste que ni le président ni son ministre n'ont détaillé les modalités pratiques de mise en oeuvre.

"Avec cette formule, on concilie tout le monde", a en tout cas voulu croire M. Sarkozy, renvoyant dos à dos "intégristes de la liberté" et "intégristes de la mise d'office en centre d'urgence".


1 COMMENTAIRE(S)

antonia

De la décence

Friday 28 November | 11:01

Comment se fait il que les places dans des foyers soient miteux insécurisées en 2008 et que des immeubles entiers soient vides ? l'Etat ne devrait il pas exercer un droit de réquisition sur ces immeubles vides depuis des années et faire aménager quelques espaces pour les personnes en difficulté dans le froid ? le droit au travail à des conditions décentes et de toit sur la tête sont fondamentaux. Comment peut on avoir autant de mépris pour ceux qui n'ont rien ?

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