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Publié le 11/11/2008 à 18:58 Le Point.fr

Création d'entreprise : quelles sont les aides financières ?

par Laurence Neuer

Le créateur d'entreprise peut bénéficier de différentes aides financières délivrées au niveau national ou local. Les conditions d'octroi de ces aides dépendent du profil du porteur de projet et de la nature du projet, voire du territoire dans lequel il s'établit. La question du financement est cruciale car, statistiquement, plus les capitaux investis initialement sont importants, plus l'entreprise est pérenne.

Hormis le love money (réseau de proches qui participent au financement d'une entreprise en démarrage ou en développement en devenant actionnaires ) et les micro crédits accordés aux entrepreneurs n'ayant pas accès au crédit bancaire classique (via l'Association pour le Droit à l'initiative économique ), les porteurs de projets peuvent également obtenir des prêts bancaires personnels.

Prêts à moyen/long terme

Les banques ne financent habituellement qu'à hauteur de 70 % du montant hors taxes les investissements physiques, le fonds de commerce s'il y a lieu et, éventuellement - souvent avec réticence - le besoin en fonds de roulement. Le banquier a tendance à limiter son engagement à hauteur de la mise du créateur, d'où l'effet de levier du PCE et l'importance des garanties d'Oséo, de France Active etc.

Prêt à la création d'entreprise (PCE)

Ce prêt accordé par Oséo sur demande de la banque, sans garantie ni caution, est destiné à financer les frais liés au lancement de l'entreprise : constitution du fonds de roulement, frais de démarrage... Ce prêt peut être octroyé à tout type de créateur, pour autant qu'un crédit à moyen ou long terme soit, en même temps, octroyé par une banque. Il varie entre 2.000 et 7.000 euros. L'un des principaux pourvoyeurs du PCE est le groupe Banque Populaire.


Prêts d'honneur

Ils proviennent de plateformes d'initiatives locales , de fondations ou du réseau Entreprendre , et concernent notamment les entreprises à potentiel.

Entreprises innovantes

L'aide Oséo ANVAR accordée aux entreprises innovantes (produit ou procédé nouveau) est une avance à taux nul destinée à financer les étapes du projet (faisabilité, développement...) et à renforcer la trésorerie de l'entreprise.

Des garanties peuvent compléter ces prêts :

- Oséo garantit jusqu'à de 70 % de l'emprunt pour les PME ce qui rend plus aisée la décision du banquier
- Le Fonds de garantie à l'initiative des femmes (FGIF) soutient les créatrices à hauteur de 70 % pour un financement bancaire compris entre 5.000 et 38.000 euros.
- Les fonds de garantie de France Active concernent les créateurs en situation personnelle difficile : allocataires du RMI, chômeurs en fin de droits...
- Les Sociétés de caution mutuelle (SCM) généralistes comme la SIAGI ou spécialisées par secteurs d'activité, accordent leur garantie à hauteur minimale de 50 %.
- Oséo Région - filiale d'Oséo et de la Caisse des Dépôts et Consignations - a passé des accords avec certains Conseils régionaux et généraux pour mettre en place un régime de garantie dont le taux de couverture est généralement plus favorable aux créateurs d'entreprises que les fonds de garantie habituels.

Investisseurs

Le capital de l'entreprise peut aussi être renfloué par des prises de participation de business angels, d'organismes de capital risque et de clubs d'investisseurs (Cigales par exemple).

Autres aides

L'aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise (ACCRE) permet de bénéficier d'une exonération partielle de charges sociales pendant un an, prolongée d'une durée de 24 mois maximum. La demande doit être adressée au Centre de formalité des entreprises (CFE) dans les 45 du dépôt de déclaration.

Depuis 2006, les créateurs percevant des allocations chômage peuvent en bénéficier sous forme de capital.

Des aides locales (hébergement à tarif modéré, accompagnement ...) sont proposées par les pépinières d'entreprises , ( www.pepiniere-paris.com , ccip93.ccip.fr, ccip92.ccip.fr, ccip94.ccip.fr).

Par ailleurs, une réduction d'impôt de 1.000 euros est accordée à toute personne qui apporte bénévolement son aide à certains créateurs ou repreneurs d'entreprises notamment les chômeurs ou rmistes. Des allègements d'impôts sont par ailleurs accordés aux entreprises installées dans certaines zones du territoire.

Enfin, les entreprises qui créent des emplois peuvent solliciter des aides à l'emploi (réduction " Fillon " des cotisations patronales de sécurité sociale... www.inforeg.ccip.fr ).

En janvier 2009, un nouveau dispositif d'accompagnement du créateur d'entreprise entrera en vigueur (" NACRE "). L'objectif est de permettre au chef d'entreprise de vivre de son activité et de créer des emplois. L'Etat a dégagé pour ce projet 140 millions d'euros.

* Contacts : Direction Départementale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP), Immeuble le Pascal, av du Général de Gaulle, 94007 Créteil Cedex. CCIP : 08 20 012 112. www.apce.com


6 COMMENTAIRE(S)

makhno

Courage et obstination, et bonne idée pour la micro entreprise

Saturday 22 November | 07:27

Pour monter sa boîte, il ne faut pas forcément beaucoup d'argent, d'aucun vous diront que plus la prise de risque financière est importante plus la prise de bénéfice sera conséquente, il faut surtout avoir une bonne idée et se réaliser soi-même dans ce que l'on fait, avoir un petit objectif de revenu pour de faibles besoins (comme cela on ne sera pas déçu quoiqu'il arrive) investir peu, se passer des prêts de banques, des amortissements et de la comptable (3000 euros par an, tva, blabla et etc) ne pas embaucher, (c'est là qu'on vous attend pour vous plomber en guise de remerciement pour avoir sorti un gars du chômage et vous faire rentrer dans le système) et surtout avoir 3 idées d'avance pour faire autre chose si ça marche pas et puis faire le même ça chaque année comme cela pas de rectification de cotisation l'année d'après, au bout de tout ça, il y a la liberté d'être son propre patron et d'apprécier la fluidité de la vie. PS : depuis 14 ans que je suis installé en tant qu'artisan, dont 5 en micro, j'ai jamais eu recours aux banques, je leur en met le moins possible (on voit ce qu'ils font avec) j'ai déjà embauché. J'ai compris depuis. Je paie cash mes marchandises, je fais pas de crédit, et je consacre 10 pour cent de mes revenus pour le micro crédit en Afrique sur des projets d'autosuffisance. Bonne chance à tous.

max

Réponse à Pierrot

Thursday 20 November | 09:56

Pour avoir créé mon entreprise en tant que demandeur d'emploi avec un statut de gérant majoritaire, j'ai pu conserver l'intégralité de mon allocation chômage (sans retenue de 4 jours) en réalisant une déclaration comme quoi je ne percevrai aucune rémunération.

BEPPE

Impuissance contre l'Etat

Wednesday 19 November | 06:48

Je galère depuis 4 mois pour créer ma petite entreprise, et encore, ce n'est pas fini. Vous avez raison, c'est du bla bla bla, l'OSEO, les banques et surtout l'ASSEDIC. L'OSEO dit sans garantie et caution, on monte le dossier, on va voir la banque, et elle nous demande n'importe quoi, comme si on demandait un crédit d'un million d'euros. Pour être clair, j'ai demandé la misère de 10 000 d'euros, et vous n'imaginez pas ce que vous demande la banque. Alors, je me demande : pourquoi parlons-nous tant d'aide aux créateurs d'entreprises ? Allez savoir ! Je suis inscrit au chômage depuis le premier août, et à ce jour, je n'ai pas touché un centime. Par contre, je paye un double loyer habitation et entreprise que, d'ailleurs, je ne trouve toujours pas ouvert par absence de trésorerie. J'attends encore les monsieurs des ASSEDIC qui me versent de l'argent. C'est ma première expérience au tant que créateur. Si j'ai un conseil à donner, c'est de laisser tomber ! Trop de prises de tête, mais restons tout de même optimiste. Bon courage à tous ceux que se trouvent dans la même situation que la mienne. Ciao a tutti et vive la France !

feudouce

Attrappe nigaud

Thursday 13 November | 02:59

Bonjour, mon expérience est pire Intermittente du spectacle, j'ai voulu monter des projets pour ne pas rester passive et donner du travail à plusieurs personnes en montant une structure de production. J'ai créé une cinquantaine d'emplois grâce à ma boite mais quand je me suis trouvée en difficulté ensuite, je n'ai pas eu droit à une couverture assedic. Pourtant, mon entreprise n'a pas fait de bénéfice. Elle a tourné modestement mais a généré quand même de quoi payer d'autres personnes. Je suis écoeurée d'avoir payé des cotisations exorbitantes et de ne bénéficier d'aucun soutien pour tous les risques que j'ai pris. Finalement, si j'etais restée passive, je gagnerais bien mieux ma vie ...

gebruik

Mesures bidon

Tuesday 11 November | 23:21

Comme Pierrot, je suis passé par la case chômage avant de créer mon activité (et celle de mon épouse). Les aides à la création sont bidons : Outre le temps et l'argent qu'il faut dépenser pour monter un dossier, qui sera systématiquement refusé la première fois, il ne s'agit que d'un report de charges auquel chaque entreprise a le droit en tous temps. Le problème est toujours le même : Les entreprises françaises et particulièrement les petites, sont plombées par des charges dont le taux frise le délire. A part avoir ses fonds propres, aucun organisme, aucune banque ne vous prêtera un fonds de quoi alimenter votre fonds de roulement. En gros, "demerden Sie sich". Monter son affaire est facile, la faire vivre plus d'une année, l'est beaucoup moins.

Pierrot

A savoir

Tuesday 11 November | 19:16

Il faut bien savoir qu'en ce qui concerne les chômeurs qui créent une société, ils sont extrêmement pénalisés. Je sais de quoi je parle, car je viens de le vivre. Le principe est simple : dès la date de la création de votre entreprise, les ASSEDIC vous retirent 4 jours d'allocation par mois la première année, puis 7 la deuxième année. En fin de droit, ASSEDIC commence alors un marathon pour récupérer tous ces jours impayés (si vous ne vous êtes pas versé de salaire avec votre entreprise, ce qui est souvent le cas au début, car sinon c'est perdu !) et je vous passe les détails entre les parties de ping-pong entre ASSEDIC et URSSAF quand vous essayez de récupérer un peu de votre du pour manger. A ce jour, je suis toujours en bagarre avec les ASSEDIC pour récupérer des jours non payés en 2007 ! Très beau système qui ne favorise pas du tous les éventuels créateurs d'entreprises chômeurs et permet juste à l'Etat de faire moins de dépenses, malgré qu'il en gaspille ailleurs à gogo. Mais personne n'en parle !

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