Publié le 01/12/2008 à 07:57 - Modifié le 01/12/2008 à 20:04 AFP
Par Eloi ROUYER

L'un des témoins au procès en appel de l'ex-rugbyman Marc Cécillon devant les assises du Gard a imploré lundi les jurés d'écarter l'hypothèse de la préméditation, question centrale qui a valu à l'accusé d'être condamné en 2006, en première instance, à 20 ans de réclusion pour avoir tué son épouse.
L'un des témoins au procès en appel de l'ex-rugbyman Marc Cécillon devant les assises du Gard a imploré lundi les jurés d'écarter l'hypothèse de la préméditation, question centrale qui a valu à l'accusé d'être condamné en 2006, en première instance, à 20 ans de réclusion pour avoir tué son épouse.
"Par pitié, ne dites pas qu'il avait tout prévu, ce n'est pas vrai", a lancé au premier jour de ce nouveau procès Pierre Berthier, 82 ans, à la fois ancien président du club de Bourgoin (Top 14) où évoluait Cécillon, et gynécologue de l'épouse du joueur.
"Je peux dire que ce crime n'a pas été prémédité, jamais, jamais. Bien sûr, il est coupable, il est en colère contre lui, il souffre, il a fait une chose horrible, il l'assume et le regrette", a ajouté M. Berthier, qui s'est présenté comme un "ami du couple" Cécillon.
La cour d'assises de l'Isère avait retenu la préméditation pour condamner, le 10 novembre 2006, Marc Cécillon, aujourd'hui âgé de 49 ans, à 20 ans de réclusion criminelle, une peine plus lourde que celle requise par l'avocate générale (15 ans).
Le débat sur le caractère spontané ou non de son geste meurtrier est au coeur de ce deuxième procès. Dans les premiers moments de l'audience, l'accusé a expliqué qu'il n'avait pas accepté en 2006 d'être "jugé pour un geste qu'(il) n'avai(t) pas prémédité".
"Vous reconnaissez l'intention d'homicide mais pas la préméditation, c'est bien ça ?", l'a interrogé la présidente de la cour. "En gros, c'est ça", lui a répondu l'accusé, fines lunettes et cheveux grisonnants.
Le soir du 7 août 2004, l'ex-joueur au physique imposant (1,92 m, 110 kg) avait eu une altercation avec ses hôtes lors d'une fête organisée en l'honneur des juniors du club de Bourgoin et avait été prié de quitter la soirée.
Il était revenu une demi-heure plus tard, armé d'un 357 magnum caché sous sa chemise. Les invités s'étaient inquiétés de le voir réapparaître mais l'accusé les avait rassurés d'une voix devenue calme, expliquant vouloir simplement dire au revoir à sa femme, Chantal, et aux amis à sa table.
Quelques minutes plus tard, il avait fait feu à cinq reprises sur son épouse, qui venait de refuser de rentrer avec lui.
Loin du premier procès au cours duquel le ban et l'arrière-ban du rugby français avaient été appelés à témoigner, la cour d'assises du Gard a pour l'instant centré les débats autour des failles de Cécillon et de son couple.
Elle a certes évoqué la "vedette", la "star" ou le "joueur très rare" mais pour mieux analyser le désespoir, entretenu par une consommation excessive d'alcool, de l'ancien joueur, après l'arrêt de sa carrière.
"Le jour où j'ai arrêté le rugby, je n'ai pas retrouvé ma place", a expliqué Marc Cécillon. "Le manque de rugby, ça m'a un peu écrasé (...). J'étais perdu complet".
"Au moment où j'avais besoin de quelqu'un, il n'y avait personne", a-t-il encore dit, ne s'expliquant pas pourquoi sa femme avait choisi de partir travailler à Lyon. "Les derniers temps, je buvais seul, je me détruisais, je me renfermais sur moi-même".
Dans cet état de fragilité mentale, Marc Cécillon a-t-il pu construire son crime, le préparer ? Un psychologue est venu en fin d'après-midi jeter une pierre dans le jardin de la défense, qui répond évidemment "non" à cette question.
Au moment des faits, Marc Cécillon n'était "pas en état de discerner les choses", "plus en capacité de prendre les décisions adaptées", a expliqué l'expert, interrogé par Me Eric Dupont-Moretti, l'avocat de l'accusé.
C'était un "geste fou et passionnel", a-t-il insisté.
Le verdict est attendu mercredi.
victoire
Violence contre les femmes
Tuesday 2 December | 12:10
Cecillon, Cantat ou le député Demange. Ils sont l'arbre qui cache la forêt. En France plus d'une femme sur deux est assassinée par son mari, son conjoint ou son ex tous les deux jours ! Dans ces statistiques, on ne voit pas celles qui arrivent esquintées à l'hôpital, parfois à vie. Préméditation, ou excuse comme la perte d'une carrière... Cherchons plutôt ce qui ne va pas dans l'éducation des hommes. Prônons la tolérance zéro pour leur violence dès le plus jeune âge et notamment envers les filles. Et apprenons leur à gérer leur frustration autrement qu'en utilisant contre eux la violence comme mode d'éducation (très utilisée encore). Cette hécatombe est scandaleuse, une honte pour les pays dits civilisés. Sans compter tous les enfants qu'elle laisse sans mère.
Iggy
Quand y a-t-il préméditation ?
Tuesday 2 December | 09:51
Est-ce que le fait de rentrer chez soi prendre une arme, reprendre sa voiture, retourner chez ses amis, tromper leur vigilance, n'est pas une préméditation évidente ? Quelqu'un peut-il m'expliquer combien de temps entre la décision et l'action de commettre un crime doit s'écouler au minimum pour parler de préméditation ?
Geneviève
C'est une autre histoire
Monday 1 December | 18:31
On pouvait faire la relation avec Cantat, mais là, cinq balles, c'est une autre histoire...
choopy
La peine
Monday 1 December | 17:07
Fervent admirateur du rugby à XV, j'ai été choqué par l'assassinat de Marc Cecillon. Tout a une fin, y compris le sport quel que soit son niveau. L'alcool, l'amour d'une femme ne méritent pas le crime. Je ne lui trouve aucune circonstance atténuante. Il a tué, il doit payer. Il doit être jugé en tant que citoyen et non en tant qu'ancien capitaine de l'équipe de France de rugby.
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