Société

Publié le 26/08/2008 à 11:39 - Modifié le 26/08/2008 à 11:42 Le Point.fr

Mont-Blanc : arrêt "des recherches au sol" des disparus emportés par l'avalanche

Par Chloé Durand-Parenti (avec agence)

Mont-Blanc : arrêt

Les huit disparus emportés dimanche par une avalanche dans le massif du Mont-Blanc ont été identifiés © AFP

La gendarmerie a confirmé mardi qu'il n'y aurait "plus de recherches au sol" pour retrouver les corps des huit disparus emportés dimanche par une avalanche dans le massif du Mont-Blanc et que les secours se borneraient à des survols de la zone du drame. Les victimes ont été identifiées et, pour la plupart, localisées. Il s'agit d'un guide autrichien, de quatre Allemands et de trois Suisses, ont indiqué lundi deux responsables de la gendarmerie de Chamonix.


"La première cordée était composée d'un guide autrichien, âgé d'une trentaine d'années, et de quatre clients allemands d'un tour-opérateur, âgés de 28 à 43 ans, dont une femme, a indiqué le commandant de la compagnie de gendarmerie de Chamonix, Jean-Joël Loriette. Il n'a toutefois pas voulu donner les identités des disparus, indiquant que le "travail de contact des familles (était) en cours". Les trois autres disparus sont un guide suisse de 32 ans et un couple suisse de 28 et 34 ans, tous trois originaires du canton de Berne, a ajouté l'officier.

"Nous avons localisé sept échos Arva (Appareil de recherche de victimes en avalanche) différents, dont un signal isolé", a pour sa part indiqué lundi le chef d'escadron Régis Lavergne, commandant du peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix en Haute-Savoie. "Ces victimes sont localisées, mais le travail des secouristes ne peut pas s'opérer parce que ces échos Arva ont été localisés dans une zone qui se trouve en dessous de séracs qui cassent en permanence", ce qui mettrait la vie des secouristes en jeu, a ajouté le responsable.

"Certains corps ont chu au fond des crevasses"

"Lors d'une reconnaissance hélicoptère, on a récupéré plusieurs échos Arva, l'un sur la partie terminale du sérac, et plusieurs échos sur la partie finale du glacier des Bossons, plus de 1.500 mètres plus bas", a-t-il expliqué. Toutefois, "ces échos ne peuvent être exploités, car ils nous donnent des distances d'enfouissement entre 20 et 50 mètres", a-t-il dit, ajoutant : "On a quasiment la certitude que certains corps ont chu au fond des crevasses."

"On travaille directement sous la menace de chutes de séracs de plus de 100 mètres de haut, liées à la poussée mécanique des glaciers, qui peuvent intervenir à n'importe quel moment", a souligné l'officier. "On peut extraire des victimes en restant maintenus au treuil de l'hélicoptère, mais en aucun cas se défaire de cet élément", a-t-il dit. "C'est notre vie qui est en jeu toutes les secondes. Si on devait travailler sur cette zone-là pour extraire des corps sans avoir une menace de séracs, on en aurait pour des semaines."

Selon le commandant Lavergne, les recherches se poursuivent néanmoins pour retrouver d'éventuelles autres victimes, des alpinistes qui n'auraient pas passé la nuit au refuge et n'auraient donc pas été portées manquantes. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a estimé dimanche qu'il n'y avait "plus aucune chance de retrouver quelqu'un vivant" .

L'avalanche, longue de 200 mètres et large de 50, s'est déclenchée à 4.000 mètres d'altitude et a balayé dimanche la face nord du mont Blanc du Tacul (4.248 mètres) vers 3 heures du matin sur une voie d'accès très fréquentée menant au sommet du mont Blanc (4.810 mètres).

Lire aussi :

Mont-Blanc : "Plus d'espoir de retrouver des alpinistes en vie"


13 COMMENTAIRE(S)

Kikilagrimpeuse

@Citoyen : l'aptitude des vicitmes n'était pas en cause

Thursday 28 August | 16:53

L'aptitude des victimes à réaliser cette course n'est ici pas en cause. Le drame du Mont Blanc du Tacul est dû à un danger objectif, en l'occurrence une avalanche provoquée par une chute de séracs. Il ne s'agit pas d'une course difficile et une des cordées disparues comprenait un guide. En alpinisme, le risque présenté par une voie n'est pas du tout corrélé sa difficulté. De très nombreuses courses de neige cotées F (faciles) ou PD (peu difficiles) sont extrêmement exposées aux dangers objectifs. Inversement, beaucoup de voies d'escalade difficiles (TD, ED), souvent sur un rocher compact, présentent beaucoup moins de risques dès lors que les compétences techniques sont réunies. Ce drame est terrifiant justement parce qu'il rappelle cruellement qu'une course aisée par une belle météo peut virer au drame sans que même les professionnels puissent le prévoir. Tout accident n'est pas évitable en montagne. Ceux qui la pratiquent le savent en partant.

daniel

Secours payants

Wednesday 27 August | 07:30

Bonjour à tous, Tout à chacun peut aller en haute montagne avoir un accident ce n'est pas grave les secours vont venir. Qui paye ? Nous les contribuables. Il devient simplement urgent de mettre en place l'assurance obligatoire pour toute personne fréquentant la montagne. Dans le cas où des personne ne sont pas assurées, elles devront payer leur sauvetage. C'est normal. C'est une mesure de bon sens. À partir du moment où cette mesure sera mise en place, la responsabilité des montagnards étant en jeu, il y aura forcément moins d'accidents. Voilà mais nous sommes en France ...

dol

Le sport

Tuesday 26 August | 21:40

Il est vrai que chaque sport comporte des risques ; un mort est un mort de trop et pas seulement dans le sport, j'ai juste une pensée pour ces gens morts sur le coup ou alors dans des souffrances... à leurs familles... Tous vos propos ne les remplaceront pas. Avec des si...

Marie

La Montagne

Tuesday 26 August | 20:18

D'accord avec Rowan 11, Absolom, etc. Il y a aura toujours des inconscients pour mettre la vie des autres en danger, là ce n'était pas le cas, et le détachement d'un sérac est imprévisible, je sais de quoi je parle contrairement à Citoyen qui à priori ne connaît pas la montagne et mélange tout. Est-il déjà parti en expédition avec les guides expérimentés de Chamonix - pour ne pas les citer - qu'il le fasse il verra que rien n'est laissé au hasard et qu'une expédition prévue peut-être reportée si les conditions climatiques l'imposent. Il faut savoir écouter et respecter les conseils des professionnels de la montage, comme de la mer d'ailleurs. Laissons la liberté à chacun de pratiquer le sport ou le loisir qu'il souhaite, que ce soit montagne, en mer, à pied, à cheval, ou en voiture. Les interdictions ça suffit, quant aux réglementations déjà existantes, il suffit de les appliquer. Par contre pour les inconscients, il devrait y avoir des amandes si fortes qu'ils réfléchiraient à deux fois avant de partir et bien sûr ils en seraient avertis avant le départ.

rowan11

réponse à citoyen

Tuesday 26 August | 16:26

La neige ne part pas sous les pieds, on ne parle pas non plus de réchauffemnt climatique. Dans ce cas précis il s'agit de "chute de séracs". Un sérac est un bloc de glace de grande taille formé par la fracturation (dépassement du seuil de plasticité de la glace) d'un glacier. Cette fracturation est liée à une rupture de pente de la roche sous-jacente ou à la présence d'une falaise (glacier suspendu). Une zone de séracs est généralement une partie difficile à franchir lors de la progression d'alpinistes sur un glacier. Une "chute de sérac" décrit l'écroulement soudain d'un ou plusieurs séracs vers l'aval, potentiellement extrêmement dangereux pour les alpinistes ou les villages pouvant se trouver en contrebas. Les blocs de glace se fracturent en blocs plus petits, et une partie de la glace peut fondre, provoquant des laves torrentielles et/ou des coulées de boue. Les chutes de séracs ont fait 124 victimes en Suisse entre 1914 et 1983. Il faut aussi songer que nous sommes encore en été,donc neige instable. Quant à ceux qui partent sans connaissances j'appelle ça des inconscients, il y en aura toujours, avant de partir il faut un bon équipement, se renseigner sur la météo mais je ne vais pas m'étaler sur ce qui relève du bon sens ! Les acteurs de ce drame étaient des alpinistes bien encadrés avec des guides, ils se sont justes trouvés au mauvais moment au mauvais endroit. Laissons les reposer en paix dans leur linceul de glace.

absolom

Interdire interdire

Tuesday 26 August | 11:13

Si les alpinistes ont envie d'aller vivre leur passion au péril de leur vie, qu'on les laisse faire. C'est leur choix. Il y a beaucoup d'activités dangereuses : moto, boxe, bateau, parachutisme... Qu'on nous laisse notre liberté, du moment qu'on paie ce qu'il faut pour ne pas faire supporter le poids financier de nos erreurs à la société.

Réaliste

Les accidents ça arrive

Tuesday 26 August | 10:33

Mais voyons, réféchissez, ne voyez-vous donc pas que "Citoyen" a raison ! Pendons le maire de la commune, et interdisons définitivement, tout ces sports à risques. Ou alors, tant qu'à faire, bétonnons la montagne, comme ça nous pourrons tranquilement nous rendre au sommet en voiture ! Quoi que ce ne soit peut-être pas une bonne idée, vu qu'il y a beaucoup plus d'accidents de voiture que d'accident de montagne. Par ailleurs, en mer, vous semblez oublier qu'il n'existe pas que les moyens "motorisés", par exemple, vous n'avez besoin d'absolument aucun permis pour faire une balade à bord d'un dériveur à moins de 2 miles (3.2 km) des côtes. Or voyez-vous, il y a largement le temps d'avoir un accident à cette distance ! La mer serait-elle plus "sécurisée" que la montagne ; chaque année il y a plus de 400 noyades accidentelles entrainant la mort, dont 60 % à la mer environ et dont 9/10 dans les 300 mètres de la plage. Les dériveurs et autres planches à voiles et baignades en mer sont-elles interdites pour ça ? J'ai pratiqué le dériveur, et je pratique actuellement l'escalade (pas l'alpinisme), les risques font partis de ces activités (et de beaucoup d'autres d'ailleurs) et il n'y a rien à y faire à part se préparer correctement, être conscient de ses possibilités, s'informer et rester prudent en toute occasion. Quand on se lance dans ce genre de chose on le fait en étant conscient des risques. Certes, il y a aussi des inconscients (ce qui n'est absolument pas le cas de l'affaire qui nous préoccupe puisqu'une chute de sérac est imprévisible), mais ce n'est pas en interdisant la montagne ou la mer que vous les empêcherez de se tuer, ils iront le faire ailleurs. Le mieux si on ne veut pas d'accident, c'est de rester calfeutré chez soi... Ah bah non, mince, chaque année il y a 10.000 accidents domestiques entrainant la mort ! Les accidents ça arrive, mettons plutôt l'accent sur la formation et l'information que sur la répression !

Fricky

Réponse à citoyen

Tuesday 26 August | 10:15

L'actualité met toujours l'accent sur le spectaculaire : avalanche, crash d'avion... On ne peut pas juger de l'importance d'un risque à sa couverture médiatique : l'avion reste plus sûr que la voiture. Et par comparaison aux Alpes, chaque année, dans le monde, 150 personnes sont victimes de chute de noix de coco. Je pense qu'il existe suffisamment de causes dont la défense permettrait de sauver des vies qui n'ont rien demandé (guerre, famine, maladie...) plutôt que de partir en croisade pour interdire les pratiques à risques de sportifs passionnés et responsables.

bobo con

Réponse à une interrogation

Tuesday 26 August | 09:25

Quand allons-nous prendre conscience que le risque, c'est la vie? A vouloir que toute activité humaine soit inoffensive, on a déjà interdit ou quasi un certain nombre de comportements dits "à risque". Voulez-vous progressivement interdire la pratique de la montagne, la navigation, le parachutisme, puis bientôt la bicyclette, la course à pieds, le ski nautique, la plongée sous-marine, avec, pour terminer en apothéose, les rapports sexuels, qui sont l'activité la plus dangereuse qui soit ? Est-ce une nouvelle conception de la liberté ?

Citoyen

Interrogation suite

Tuesday 26 August | 09:07

Mon propos n'était pas d'interdire. Je rends bien volontiers hommage aux secouristes, cela va de soi. Mais ce ne sont pas eux qui sont en cause. Parmi ces 100 morts jugez-vous que tous étaient des alpinistes capables de faire les courses qu'ils ont effectué ? Vous parlez de la mer, mais pour piloter un bateau à moteur (+ de 9 cv) il faut un permis qui permet de former et valider les compétences. Je sais très bien que vous n'aimez pas cet aspect des choses et que c'est justement ce que vous ne voulez pas. Mais 100 morts ! Aujourd'hui les conditions permettent à beaucoup de gens de "faire de la montagne" en passant par Décathlon, alors qu'ils ne sont pas forcément aptes à le faire. Parmi les 100 morts il y a aussi des "randonneurs"... d'où mes questions qui semblent vous déranger et auxquelles vous ne répondez d'ailleurs pas.

Votre commentaire

(obligatoire) 0 caractères sur 3000

Conditions d'utilisation

Les commentaires sont envoyés par les internautes et ne sont pas rédigés par la rédaction du Point.

Il est interdit d'écrire des commentaires contraires aux lois françaises.

Le Point se réserve le droit de supprimer les commentaires ne respectant pas la charte éditoriale du Point.

Le commentaire une fois diffusé ne peut etre supprimé ou modifié qu'en envoyant un email.

[ Plus ]

Le guide du numérique

Spécial Crise Immobilière

Dossier Lens-Liévin : les rendez-vous de 2012
Dossier Le Grand Paris en 2020