Société

Publié le 09/04/2009 à 15:18 - Modifié le 08/07/2009 à 16:22 Le Point.fr

SÉQUESTRATIONS DE PATRONS

Un rapport de forces parfois payant pour les salariés

Par Jim Jarrassé et Adrien Bonetto

Un rapport de forces parfois payant pour les salariés

Le directeur général du site grenoblois de Caterpillar, Nicolas Polutnik (à gauche), a été séquestré avec trois autres cadres dirigeants pendant 24 heures par des salariés grévistes (à droite) © Vincent Dargent/ABACAPRESS.COM (montage lepoint.fr)

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Depuis plusieurs semaines, les séquestrations de patrons se multiplient en France. Sony , 3M , Caterpillar en mars dernier, Scapa mercredi, à chaque fois le même contexte. Un plan social qui tourne mal, des négociations dans l'impasse et des salariés désespérés qui décident, dans la confusion, de retenir un ou plusieurs cadres dirigeants de leur entreprise. Le phénomène, qui était tombé en désuétude au milieu des années 1980, inquiète le patronat. Mercredi, dans un communiqué commun au ton sobre, le Medef, la CGPME et les artisans se sont déclarés "préoccupés" par la pratique. Les pouvoirs publics, de leur côté, condamnent ces agissements. "Dans un État de droit, la loi doit être respectée", avait prévenu Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement dans l'Ain, le 7 avril. Un rappel à l'ordre jusqu'ici sans conséquence...

Les organisations syndicales ne sont pas plus à l'aise avec des pratiques qu'elles ne peuvent pas encourager, mais qu'elles renâclent à dénoncer. "Force est de constater qu'il faut parfois avoir recours à des initiatives spectaculaires pour qu'on entende parler de soi", a commenté pour sa part le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, à propos de la séquestration dans l'Ain. Les syndicats s'attachent surtout à démontrer qu'ils contrôlent la situation. Un sujet d'autant plus délicat que les Français semblent faire preuve de compréhension envers cette pratique. 45 % d'entre eux jugent qu'une séquestration dans les entreprises est "acceptable", selon un sondage CSA publié mardi. Le même jour, une enquête de l'Ifop concluait que 63 % disaient "comprendre, mais ne pas approuver" ce type d'action...

Regardez cette carte des principales séquestrations intervenues en France ces dernières semaines, avec les principales avancées qu'elles ont permises :

30 COMMENTAIRE(S)

niki

Stop

samedi 1 août | 15:05

Je serai une entreprise étrangère j'y reflechirai à 2 fois avant de m'installer en France. Ceci se retourne contre les salariés. Il s'agit de méthode terroriste ni plus ni moins et dire qu'on laisse faire que le gouvernement y met son grain de sel au lieu de servir comme il le devrait. Ils veulent faire sauter l'entreprise et bien qu'ils le fassent et qu'ensuite ils en payent le prix.

Iron

C'est le retour de bâton

mardi 26 mai | 15:01

Quand c'est le patron qui enfreind la loi et fait du harcèlement moral sur le salarié, tout le monde baisse les bras et le patron reste patron sans problèmes. Et quand c'est le contraire, il faudrait punir les salariés ? Trop facile quand même non ? Les patrons ne respectent pas les salariés alors comment peuvent ces derniers rester corrects envers leur boss ?

Un Français

Parfois payant ?

vendredi 24 avril | 10:46

Notre code du travail s'est établi sur des rapports de force toujours payant pour les salariés. Une société évoluée ne peut plus accepter de patrons, ce concept est dépassé, il serait temps de promouvoir une société d'investisseurs qui accordent des crédits à une entreprise de travailleurs unis. Au diable les patrons et bonjour aux coopératives. Il n'y a rien d'utopique, ça existe déjà.

blablabla

Contrainte physique

samedi 11 avril | 20:16

Cela ne fera que faire fuir les entreprises de France et ne résout pas la crise... Les Médias étrangers ont noté...

Bryval

Qui fait vivre qui ?

vendredi 10 avril | 20:14

C'est avec ce type de raisonnement qu'on arrive à la délocalisation. Les salariés font vivre les patrons ? Mais qui fait vivre les salariés ? Les patrons et les salariés peuvent-ils se passer d'investisseurs (privés ou banques) ? Ne faut-il pas les trois pour que l'entreprise fonctionne ? Sans entrepreneur et sans investisseurs il n'y a plus d'entreprise et le salarié change de nom, il devient chômeur. C'est le problème que nous avons actuellement : diminution des carnets de commande, frilosité des banques qui ont subi des pertes suite à leurs petits jeux de spéculation, même chose pour les investisseurs privés qui ont quasiment tout perdu. Qui va les remplacer ? L'état avec ses 1.500 milliards de dette, son déficit budgétaire qui ne suffit même pas à payer les intérêts de la dette ? Le commerce extérieur en chute libre ? Cette vision du salarié qui fait tout et qui fait fonctionner l'ensemble est une vision qui date de la préhistoire et qu'il serait temps de la remplacer par le triptyque indispensable à la vie : un entrepreneur qui crée, un investisseur qui fournit les capitaux nécessaires et des salariés qui apportent leur travail et leur savoir-faire. Quand on est rameurs dans une galère il vaut mieux tous ramer dans le même sens. Mais on prêche dans le désert ici et il vaut mieux conserver l'idéologie qui nous mène au désastre.

gede

Illégal et contre productif

vendredi 10 avril | 19:49

Séquestration et prise d'otage sont condamnables et doivent être condamnées. Le pire à moyen et court terme c'est que ces pratiques sont nuisibles Aux USA séquestration et prise d'otage sont considérées y compris par 'l'américain de base' comme un acte de guerre ou l'acte d'un déséquilibré. Qui va maintenant défendre Grenoble, au sein du board de Caterpillar pour avoir de nouveaux investissements ou de nouvelles production ? Je crains qu'il n'y ait personne ! Dommage... mais toute action entraîne une réaction... il faut y réfléchir avant d'agir.

daniel02

Juste un peu d'honnêteté

vendredi 10 avril | 18:50

Mais bien sûr qu'ils doivent réagir avec vigueur, sans violence mais avec vigueur. Si le patronat ne veut pas se faire enfermer, qu'il commence tout simplement par être honnête avec ceux qui le font vivre.

PAVE

@ Stratégo

vendredi 10 avril | 17:35

En fait les syndicats sont les alliés des patrons qui délocalisent ? pas mal ! il fallait y penser ! vous devriez rajouter que c'est pour donner du travail aux ouvriers communistes chinois, tout se rejoint, Jésus arrive, alléluia.

Dodane

Ne cherchez ni excuses ni raisons !

vendredi 10 avril | 16:24

Je suis moi salarié - Ok ? On ne doit jamais accepter que quiconque soit ainsi séquestré. Ni patron ni quiconque. Lisez Soljenitsyne : Jamais ! Il y a 30 ans le viol était considéré comme une aimable farce, un comportement d'une saine virilité. "Elle l'a bien cherché" était accepté de tous. Il a fallu que tous prennent conscience de la gravité du viol pour que cela redevienne considéré comme un crime. Le viol est un crime. Rien à voir avec un excès de vitesse. Pareil pour la séquestration. Il faut arreter ces idioties de toute urgence avant que cela se répande. Magistrats : Réveillez-vous ! Vous avez le feu à la toge !

Un navigant

En otage un paquebot

vendredi 10 avril | 16:17

Il y a bien longtemps un paquebot nommé "FRANCE" avait été pris en otage par le syndicat CGT... la fin fut dramatique... car le mal était fait, la Cie Générale Transatlantique s'est trouvée devant l'obligation de s'en séparer. Un petit rappel d'histoire !

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