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Publié le 28/08/2008 à 07:58 - Modifié le 28/08/2008 à 21:06 AFP

Thaïlande: le pouvoir maintient la pression sur des manifestants rebelles

Par Thanaporn PROMYAMYAI

Thaïlande: le pouvoir maintient la pression sur des manifestants rebelles

Les autorités thaïlandaises ont maintenu la pression jeudi sur les milliers d'opposants qui campaient pour la troisième nuit consécutive au siège du gouvernement à Bangkok, mais les manifestants continuaient de braver le pouvoir et renforçaient leurs barricades.

Les autorités thaïlandaises ont maintenu la pression jeudi sur les milliers d'opposants qui campaient pour la troisième nuit consécutive au siège du gouvernement à Bangkok, mais les manifestants continuaient de braver le pouvoir et renforçaient leurs barricades.

Le Premier ministre Samak Sundaravej, dont les protestataires exigent la démission, a réaffirmé jeudi qu'il n'avait pas l'intention de recourir à la force, tout en soulignant que cette crise sans précédent ne pouvait durer "éternellement".

"Il n'y aura pas de confrontation", a-t-il toutefois assuré en demandant aux leaders de "se rendre à la police" mais en précisant que la police devait mettre fin à l'occupation, "sans disperser le rassemblement par la force".

M. Samak n'est pas sur place.

Dans la soirée, la police a estimé à plus de 13.000 le nombre de manifestants campant sur les pelouses de "Government House", qui abrite les bureaux du Premier ministre, et des gens continuaient à arriver régulièrement.

Sondhi Limthongkul, patron de presse et l'un des leaders du mouvement, a déclaré que les manifestants resteraient au moins "jusqu'à dimanche".

Une cour criminelle a lancé des mandats d'arrêt, notamment pour "trahison", contre neuf dirigeants et organisateurs du mouvement qui perturbe fortement depuis mardi l'activité gouvernementale, tandis qu'un autre tribunal leur a enjoint d'arrêter "immédiatement" leur action et de dégager les lieux.

Un des responsables visés par un mandat d'arrêt, Somsak Kosaisuk, a déclaré jeudi que les avocats du mouvement avaient fait appel des deux décisions de justice, en invoquant le "droit de manifester".

Suriyasai Katasila, porte-parole du mouvement, a rejeté "en particulier l'accusation de trahison".

Alors que de nouvelles rumeurs circulaient sur l'imminence d'une intervention policière, les manifestants ont formé des rangées de "boucliers humains" pour protéger leurs dirigeants et ont mis en place de nouvelles barricades faites de pneus et de barbelés dans l'enceinte de "Government House".

Le colonel Somsak Wongchaiprasert de la police a précisé que plus d'un millier de policiers --certains en tenue anti-émeutes-- se trouvaient aussi à l'intérieur du vaste périmètre, mais qu'ils se tenaient à distance des manifestants et paraissaient détendus.

"Si neuf d'entre nous sont arrêtés, vous devez poursuivre le rassemblement ici. S'il vous plaît, ne quittez pas Government House", a lancé Chamlong Srimuang, général à la retraite de 73 ans et autre animateur de "l'Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD), à la pointe de la contestation.

L'objectif de ces manifestants nationalistes et royalistes est d'obtenir le départ de M. Samak, qu'ils accusent d'être un "homme lige" de l'ancien homme fort de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006 et réfugié en Grande-Bretagne.

M. Samak, 73 ans, élu confortablement en décembre dernier après seize mois d'administration militaire, a accusé les dirigeants de la PAD de chercher à provoquer une effusion de sang et un nouveau putsch. Après des menaces et un ultimatum, il a favorisé une gestion "douce" de la crise.

M. Chamlong a exigé, outre le départ du gouvernement, que "toutes les parties s'engagent à ne pas amender" une Constitution, élaborée sous la précédente junte militaire.

La presse thaïlandaise s'est montrée critique à l'égard de la PAD, rassemblement hétéroclite de divers groupes n'ayant qu'un point commun: leur haine de MM. Samak et Thaksin. Un sondage a révélé que la majorité des habitants de la capitale (68%) ne soutenait pas l'occupation du siège du gouvernement.

En 2006, la PAD avait contribué, par ses manifestations, à déstabiliser M. Thaksin avant son renversement par des généraux royalistes. A l'époque, elle bénéficiait d'un soutien notable parmi les habitants de Bangkok.


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