Publié le 21/08/2008 N°1875 Le Point
De notre correspondante Hélène Vissière
Le maire de Denver doit avoir la migraine. Il avait fait planter une espèce particulière de marguerites qui devait fleurir lors de la convention démocrate du 25 au 28 août. Las ! les marguerites refusent de pousser. Un mauvais coup des républicains, à n'en pas douter... Et s'il n'y avait que ça ! Les traiteurs engagés pour nourrir les délégués se sont rebellés. On leur imposait de fournir des menus à 70 % bio composés d'aliments de trois couleurs différentes !
Il n'y a pas que le maire à qui la convention donne des maux de tête. Cette semaine, tout ce que le pays compte de militants démocrates va converger vers Denver pour un show parfaitement orchestré. Tous les soirs, pendant quatre jours, des milliers de délégués vont se retrouver, entre tourisme et réceptions, au Pepsi Center, une sorte de Bercy. Là, dans une atmosphère survoltée, ils sont censés écouter une brochette d'orateurs plus ou moins inspirés leur chanter les louanges du candidat. C'est l'occasion de croiser les étoiles montantes. En 2004, par exemple, le monde avait découvert un certain... Barack Obama.
Cette année, l'ambiance devrait être particulièrement électrique. D'abord parce que, pour la première fois de l'Histoire, un Noir va être investi. Ensuite parce que Barack Obama a décidé de déroger à la règle. Au lieu de prononcer son discours devant les seuls délégués le 28 août, il a préféré prendre la parole dans un stade de 75 000 places. C'est que le discours d'acceptation a une importance cruciale. Selon une étude de l'Université du Michigan, en 2000, 60 % de l'électorat s'est déterminé lors des conventions. Et cette année plus que jamais, car, malgré l'impopularité des républicains, Obama n'arrive pas à creuser l'écart avec John McCain, dont la convention se tiendra du 1er au 4 septembre dans le Minnesota.
Pour les responsables des forces de l'ordre, en tout cas, c'est un casse-tête logistique. Parce que, même s'ils affirment qu'il n'y a rien de sérieux, Barack Obama a fait l'objet de menaces de mort. Les services secrets, le Pentagone, le FBI sont donc sur le qui-vive. L'autoroute qui passe derrière le stade sera probablement fermée pendant le discours. Et l'on a créé un immense périmètre de sécurité autour de la convention pour tenir à distance les milliers de manifestants de tout poil, notamment les pro-Clinton, qui viennent parader. « L'ampleur de l'événement a explosé. C'est plus gigantesque que ce à quoi l'on s'attendait », résume le maire, John Hickenlooper.
Ce n'est rien toutefois à côté des migraines du camp Obama. La convention devrait lui apporter la consécration, mais Hillary Clinton menace de lui voler la vedette. Hillary ? Oui, elle a bien perdu les élections primaires. Mais ses partisans n'ont toujours pas digéré la défaite. Depuis des mois, ils militent pour que son nom puisse figurer au même titre que celui d'Obama lors du vote des délégués qui entérine le choix du candidat.
Une mesure symbolique puisque mathématiquement la sénatrice de New York ne peut escompter le nombre de voix nécessaires pour obtenir l'investiture. Mais qui doit servir, selon Hillary elle-même, de « catharsis » .
Au terme de longs marchandages en coulisse, Barack Obama a finalement accepté. Hillary sera également la tête d'affiche de la soirée du 26, jour du 88e anniversaire de l'obtention du droit de vote des femmes aux Etats-Unis. Bill est programmé pour le lendemain et peut-être même Chelsea !
Cela va-t-il apaiser les rancoeurs ou au contraire les raviver ? Beaucoup de démocrates craignent que ce vote ne renforce l'image de division du parti et ne desserve Barack Obama
Nathalie
Pas d'accord
Friday 22 August | 04:34
Je ne partage pas l'avis des commentateurs. On diabolise à nouveau H. Clinton et on se prépare à la rendre responsable des déboires éventuels d'Obama. C'est infantile et lâche. Comment reprocher le goût du pouvoir à Clinton alors qu'on encense celui qui se voit comme président ? L'objectivité ne semble pas le fort de bien des gens.
ntimansi
Hillary présidente !
Friday 22 August | 01:19
On a l'impression que la correspondante Hélène Vissière ne sait rien du système électoral américain ou elle est fan d'Obama. Aux USA, c'est la Convention qui désigne et investit le candidat du parti et non les fameuses élections primaires où, dans certains États, même des Républicains votent pour les candidats démocrates et vice versa. Et l'histoire a déjà montré que l'investiture n'est pas automatiquement acquise pour le candidat qui a semblé gagner les élections primaires. C'est ce qui fait dire d'ailleurs à votre correspondante que le vote de la convention peut desservir Barack Obama. Eh oui, c'est déjà arrivé et cela n'a pas forcément divisé le parti démocrate ni donné un mauvais candidat encore moins un mauvais président. Au contraire. Ce qui fait la force d'Hillary, c'est son projet politique qui s'inspire de F.D.Roosevelt. Tout le contraire d'un Obama plus conservateur que Bush junior et d'un Obama financé par le Britannique George Soros, un de plus grands spéculateurs mondiaux au service du libéral-impérialisme anglo-hollandais. Ce qui explique son programme politique ultralibéral.
Cara
Hillary... Bill...
Friday 22 August | 00:26
Obama va t-il traîner les Clintons tout le temps. Pas d'allure !
BRUNO L.
C'est pathétique Hillary
Thursday 21 August | 18:37
C'est vraiment pathétique, ce qui se passe dans le camp démocrate. Hillary agit comme les dinosaures du parti socialiste en France. Fabius et Dominique Strauss-Kahn n'ont jamais voulu que Segolene Royal puisse être élue. Il pensait que cela faisait leur affaire or ils se sont trompés. Vous voyez la déroute du parti socialiste. Revenons aux USA, si Obama n'est pas élu que Hillary ne se trompe pas, en 2012 elle ne sera jamais investie comme candidate démocrate. Et quel gâchis, pour le parti démocrate. Montreal, Canada
alex
Hillary
Thursday 21 August | 16:35
C'est bien la plus mauvaise perdante au monde et si les démocrates ne passent pas, elle en sera pleinement responsable. Le goût du pouvoir, jusqu'où ça peut mener, plutôt tout perdre que moi je ne gagne pas.
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