Publié le 21/08/2008 N°1875 Le Point
Hélène Vissière
De Barack Obama, on connaît le sourire ravageur, la démarche aérienne et même les pectoraux, tout à fait respectables à 47 ans, puisqu'il a eu les honneurs de People Magazine en maillot de bain. Evidemment, le candidat démocrate s'attire des jalousies. Le très sérieux Wall Street Journal se demande si, « dans un pays où 66 % des électeurs sont trop gros et 32 % obèses, la minceur d'Obama n'est pas un handicap ». Il pèse « au moins 5 kilos de moins que les 85 kilos de l'Américain moyen », affirme le journal. Il faut dire que M. le sénateur carbure à la tisane bio de baies rouges, fuit l'alcool et les hamburgers et n'aime pas les douceurs. Pas très américain, tout ça !
Il a du mal à s'arrêter de fumer, est accro au BlackBerry, déteste la mayonnaise et laisse traîner ses chaussettes sales.
Il n'y a rien de plus important pour Obama que ses deux filles, Malia, 10 ans, et Sasha, 7 ans. Il assiste à leur spectacle de danse et leur lit « Harry Potter ». Il sort aussi la poubelle car sa femme ne veut pas d'un « pacha » à la maison. Et va régulièrement au temple, du moins jusqu'à la polémique sur les prêches de son pasteur qui lui a fait quitter la paroisse. Dans la famille, ce sont ses filles qui sont le plus excitées par l'élection. On leur a promis un chien en cas d'emménagement à la Maison-Blanche !
Il n'est jamais plus heureux que lorsqu'il peut se défouler sur un terrain de basket. Bon joueur, il a un redoutable tir de la main gauche. Dans son autobiographie, il raconte que le basket était un refuge dans son enfance. « Au moins, sur le terrain, je pouvais trouver une sorte de communauté . » En campagne, il se lève dès potron-minet pour aller faire de la gym ou du jogging. Il aime le Scrabble, le film « Casablanca » et écoute Jay-Z, Frank Sinatra et Stevie Wonder sur son iPod.
Il a écrit ses Mémoires et ses discours les plus importants sans nègre.
Il a été le premier Noir à diriger la très prestigieuse Harvard Law Review .
Obama est toujours suprêmement calme, même en pleine crise. La devise de sa campagne : « Pas de drame ». Cérébral, réservé, il n'a pas le côté peuple d'un George Bush. C'est un orateur brillant qui n'est jamais aussi à l'aise qu'en face d'une foule, avec un discours écrit. Il est également doué pour l'autodérision. Quand on lui demande s'il rêve d'avoir sa tête sculptée sur le mont Rushmore aux côtés des autres présidents, il répond que ses oreilles sont trop grandes et qu'elles tiendraient trop de place ! Les humoristes se moquent de sa grandiloquence et de l'« obamania», qui en a fait un nouveau Messie. « Lors de son voyage en Israël, il a fait une halte rapide à l'étable de Bethléem où il est né », plaisante l'un d'eux.
Si l'on sélectionnait le président des Etats-Unis sur la gestion de sa campagne, Obama gagnerait haut la main. Pas de crises internes, peu de gaffes, une utilisation brillante d'Internet pour collecter des fonds, mobiliser ses militants... Mais ne lui dites pas qu'il ressemble à David Palmer dans « 24 heures chrono ». Son modèle, c'est le président qui affectionne le sandwich au requin, dans le film « Manipulations » ! Son but, maintenant, est d'avoir des permanences même dans les Etats les plus républicains. Du jamais-vu.
Trop noir. Beaucoup d'Américains ne sont pas prêts à voter pour un mulâtre doté, qui plus est, d'une biographie exotique.
Trop bleu. Il n'a à son actif sur le plan national qu'un mandat de sénateur, manque d'expérience en politique étrangère...
Sa femme Michelle, diplômée de Harvard, n'a pas la langue dans sa poche, contrairement à Cindy McCain, qui fait un peu potiche.
Sa fraîcheur. Il se présente comme l'homme du changement et de l'espoir. Gros atout dans une Amérique déboussolée.
Son internationalisme. Il a vécu à l'étranger, il promet un recours à la diplomatie et un retrait des troupes d'Irak.
Son programme social. ll préconise une couverture santé universelle, veut taxer les riches.
« Je me suis rendu jusqu'ici dans 57 Etats, il en reste un, je crois. » L'Amérique n'a que 50 Etats.
Pour faire prolo, il est allé au bowling en Pennsylvanie et s'est ridiculisé par un score désastreux
TEASER
Racisme ?
Thursday 21 August | 14:09
"Trop noir. Beaucoup d'Américains ne sont pas prêts à voter pour un mulâtre doté, qui plus est, d'une biographie exotique." Vraiment ceci n'est pas digne de vous ! Noir... mulâtre... Exotique... Tout ça pour un homme.
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