Publié le 21/08/2008 N°1875 Le Point
François Musseau (à Madrid)
Voilà qui surprend venant de José Luis Zapatero : face à une crise économique plus violente que prévu, le chef du gouvernement espagnol a supprimé l'impôt sur les grandes fortunes. Une manière sans doute d'éviter l'évasion de capitaux. Interrompant ses vacances aoûtiennes pour annoncer un plan de relance, et conseillé par son très austère ministre des Finances, Pedro Solbes, Zapatero ne s'est pas arrêté en si bon chemin libéral. Afin de doper une économie en plein marasme, frappée par une inflation galopante (+ 5,3 % sur un an, un record) et une croissance en berne (+ 0,1 % au deuxième trimestre), le leader socialiste a mis en branle d'autres mesures : allégement des formalités administratives, libéralisation des services, abaissement des charges et facilités financières pour les PME...
Alors que la droite, embarrassée par ce virage libéral, parle de « remèdes insuffisants », le gouvernement Zapatero souligne que ce train de mesures va injecter 20 milliards d'euros dans l'économie. Ce qui, espère-t-il, va dynamiser le pays, plombé par l'effondrement du secteur immobilier. Les socialistes vont aussi accélérer l'exécution de chantiers publics, afin de freiner les pertes d'emploi massives subies par les ouvriers du BTP. Le gouvernement, qui ne renonce pas à son engagement de relever les minima des salaires et des retraites, a une faible marge de manoeuvre concernant les dépenses publiques : son confortable excédent budgétaire (autour de 3 milliards d'euros annuels) a fondu en quelques mois en raison du ralentissement économique et des « cadeaux » préélectoraux-remise fiscale de 400 euros pour la plupart des contribuables, et chèque de 1 500 euros pour chaque nouveau-né. La gravité de la situation n'a cependant pas entamé l'optimisme de Zapatero : c'est promis, la croissance repassera la barre des 4 % !
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