Economie

Publié le 20/11/2008 à 15:01 Le Point.fr

PSA Peugeot Citroën supprime 3.550 emplois

Par Cyriel Martin (avec agence)

PSA Peugeot Citroën supprime 3.550 emplois

Voitures en cours de construction, le 5 novembre 2008 à Sochaux, sur une chaîne de montage de l'usine PSA Peugeot Citroën © AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

Le coup est rude pour les salariés de PSA Peugeot Citroën. Le groupe automobile, confronté à une forte baisse de ses ventes, coupera dans ses effectifs : 3.550 suppressions d'emplois en France par départs volontaires. 2.700 concernent les "salariés de structure", c'est-à-dire les ouvriers professionnels, les employés, les techniciens, les agents de maîtrise, les cadres. Tous les sites et toutes les directions du groupe seront touchés. Le constructeur indique que ces mesures interviennent dans le contexte de "crise financière et industrielle qui touche l'ensemble de l'économie". Renault table sur une baisse de ses marchés "de l'ordre de 17 % au quatrième trimestre", et sur "une poursuite de cette diminution en 2009 d'au moins 10 %".

Ces annonces ont eu l'effet d'une bombe au sein de la branche CGT de l'entreprise. "C'est révoltant, car c'est le troisième plan de suppression d'emplois en moins de 18 mois [6.600 personnes ont quitté le groupe en 2007 et 410 en 2008, NDLR], dans un contexte où la direction veut faire peser tous les frais de la crise sur l'ensemble des salariés", estime Jean-Pierre Mercier, délégué central CGT de PSA Peugeot Citroën à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). "La direction veut pousser à la sortie ceux qui ont plus de 58 ans. (...) Nous, on demande un dispositif de préretraite pour l'ensemble des salariés à partir de 55 ans, surtout sur les chaînes de production", ajoute-t-il. Une option qui n'est pas à l'ordre du jour chez PSA, où, à l'inverse, on s'estime déjà heureux de pouvoir réduire les effectifs "sans avoir recours à un plan social avec licenciements ou à des préretraites".

Tout un secteur en difficulté

Fin octobre, PSA Peugeot Citroën a déjà annoncé une réduction de sa production au quatrième trimestre pour réduire ses stocks, et les fermetures partielles, de quelques journées à quelques semaines,de plusieurs sites de production.

Mais PSA n'est pas le seul constructeur automobile touché. Renault va réduire d'environ 25 % sa production au quatrième trimestre dans le monde, et a annoncé mardi de nouvelles fermetures temporaires dans cinq de ses sites en France et en Europe. Du côté des groupes allemands, le constructeur Audi (groupe Volkswagen) baissera sa production à Noël. La maison-mère Volkswagen envisage la suspension de production de ses usines allemandes dans la même période, et a décidé la suppression de 500 postes d'intérimaires en Allemagne. L'italien Fiat a lui aussi programmé de nouvelles mesures de chômage technique en novembre et lors de la période des fêtes de fin d'année. Le suédois Volvo supprime 900 emplois en Suède dans son activité de fabrication de moteurs. Aux États-Unis, Chrysler se sépare d'un quart de ses effectifs administratifs, jusqu'à 5.000 postes, et à General Motors, des licenciements secs devraient intervenir dans les prochains mois. Le japonais Nissan va également baisser davantage sa production au Japon de voitures pour l'exportation. Et la liste est encore longue...

D'autant que la crise du secteur automobile se répercute sur les sous-traitants. Le groupe de chimie Arkema va ainsi réduire, courant décembre, sa production sur douze sites dans le monde, dont neuf en France. Les sites concernés fabriquent des polyamides et du plexiglas à destination de l'industrie automobile, ainsi que du PVC pour le bâtiment. Chez le français Rhodia, la production va être réduite de 40 % à 60 % sur trois sites en France produisant des polyamides, utilisés dans les textiles et moquettes de voitures. Le géant allemand BASF a également annoncé la fermeture temporaire de 80 usines dans le monde et une réduction de production dans 100 sites supplémentaires. Ces mesures toucheront un total de 20.000 salariés.

6 COMMENTAIRE(S)

ced

Lucidité

Friday 21 November | 15:02

JC, les sites je les connais, j'y vis. Bien sûr. La faute aux affreux actionnaires et aux patrons qui ne savent pas anticiper. JC, vous récitez l'idéologie des syndicats adeptes de la lutte des classes. Regardez autour de vous, tout le secteur est en crise, même Toyota. Je maintiens que les syndicats français sont les plus bornés du monde. Regardez en Allemagne, au Japon, aux USA, ils négocient vraiment. En France, ils font grève, ils bloquent, ils pleurent mais ils ne font rien avancer

Piéton forcé

Auto ma chère auto

Friday 21 November | 14:16

Le prix de la voiture + le prix du carburant + le prix de l'entretien + le prix de l'assurance + le prix du contrôle tehnique + le prix des autoroutes + le prix des prunes radaristiques + les taxes diverses + celles qu'on nous prépare = plus cher que l'entretien d'une danseuse du temps d'Émile Zola, alors comment voulez vous que le marché de l'automobile se porte bien ? D'autant plus que les écolos nous culpabilisent parce qu'on troue la couche d'ozone et qu'on en veut aux ours polaires qui n'ont plus de banquise... Pour ma part je viens de me séparer de la mienne pour regonfler mon pouvoir d'achat et je ne m'en porte pas plus mal ... dommage pour les ouvriers qui gagnaient leur pain en travaillant pour cette branche de l'industrie.

kiwi

La faute à qui ?

Friday 21 November | 10:00

Deux choses. D’abord , Peugeot , comme tous les constructeurs automobiles , a préféré faire du pognon , plutôt que de préparer l’avenir. L’avenir est là , les automobilistes eux même font entrer le moteur thermique dans les livres d’histoire. Où est la nouvelle technologie ? Même sans la crise la voiture traditionnelle est condamnée . Ensuite , comme prévu, on se rend compte qu’un chômeur n’est plus un acheteur. Dis moi Peugeot qui avait le plus de chance d’acheter ta 207 , l’ouvrier de l’usine délocalisée qui la fabrique et que tu payes 300€ par mois ou l’employé que tu aurais gardé ici ? Ils ne peuvent pas répondre tes stratèges en finances et en délocalisation ? A mon avis c’était plutôt eux qu’il fallait délocaliser . Mais on ne refait pas l’histoire . Peugeot tu as ce que tu mérites , et ce serait comique si ce n’était aussi tragique pour tes employés. Quant à ceux qui pensent que les syndicats y sont pour quelque chose , je pense qu’ils arrivent tout droit de la planète Mars.

jc

@Ced

Thursday 20 November | 19:00

Les syndicalistes font ce qu'ils peuvent mais comme personne ne les écoute... Rend-toi sur les sites et tu verras, au lieu de réciter l'idéologie dominante.

Australe

Tout ça

Thursday 20 November | 18:06

Tout ça rien qu'en deux mois ? Bigre, ça va vite.

ced

Vrai péril

Thursday 20 November | 17:51

Les syndicalistes se rendent-ils compte de la situation ? Je ne crois pas. Comme d'habitude, ils ont des oeillères idéologiques.

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