Publié le 27/08/2008 à 07:45 - Modifié le 28/08/2008 à 11:53 AFP
Par Martine VERON

Nicolas Sarkozy a finalement décidé que le Revenu de solidarité active (RSA), généralisé dans les délais souhaités par Martin Hirsch, au 1er juillet 2009, sera financé par une taxation de 1,1% des revenus du capital, selon l'Elysée.
Nicolas Sarkozy a finalement décidé que le Revenu de solidarité active (RSA), généralisé dans les délais souhaités par Martin Hirsch, au 1er juillet 2009, sera financé par une taxation de 1,1% des revenus du capital, un choix critiqué par le Medef.
L'annonce, révélée mercredi par les Echos et que le chef de l'Etat doit officialiser jeudi lors d'un déplacement à Laval (Mayenne), met fin au suspense entretenu depuis plusieurs mois sur l'avenir du RSA, dispositif destiné à remplacer le RMI et l'Allocation de parent isolé (API) et permettant un cumul partiel des revenus du travail et de solidarité.
Renonçant à redéployer la prime pour l'emploi (PPE), le Chef de l'Etat opte pour une taxe, qui concernera l'ensemble des revenus du capital à l'exception de tous les livrets d'épargne et des revenus obligataires, et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2009.
Il prend ainsi de court l'opposition, qui l'accusait de "prendre aux moins pauvres pour aider les plus pauvres".
Mais il s'attire la grogne du Medef : "Pour financer une bonne idée, pourquoi avoir comme seule solution celle d'une taxe en plus ?", a regretté sa présidente Laurence Parisot.
Expérimenté dans 34 départements, le RSA a fait l'objet de nombreux débats, y compris au sein de l'UMP, en raison de son coût, et son report à 2010 avait même été évoqué.
Sarkozy a tranché pour une généralisation à l'été 2009. Et la taxe sur les revenus du capital devrait permettre de financer l'intégralité du 1,5 milliard de crédits supplémentaires, en année pleine, destiné au RSA, qui bénéficiera à 3,7 millions de ménages.
Jusque-là taxés à 11%, les revenus du capital le seront désormais à hauteur de 12,1%, a-t-on précisé à l'Elysée.
En avril, Nicolas Sarkozy avait annoncé que le RSA sera financé par un redéploiement de la PPE, qui ne sera finalement pas touchée, de même que ne seront pas remis en cause les droits connexes à l'actuel RMI (exonérations de la taxe d'habitation et de la redevance) ou la prime de Noël.
Le taux de cumul entre les revenus de solidarité et du travail a été fixé à 62% du salaire. "Concrètement, si quelqu'un qui touchait 100 euros de RMI reprend un travail payé 100 euros, il pourra rajouter à son salaire une part de 38 euros de son ancienne allocation", a-t-on expliqué à l'Elysée.
La présidente du Medef, Laurence Parisot, a mis en cause "la méthode et les moyens" pour financer le revenu de solidarité active (RSA), estimant que l'accumulation de taxes risquait d'asphyxier l'économie française.
"Ce n'est pas la première fois que l'on voit qu'il y a des bons objectifs qui sont fixés par le gouvernement (...) mais que la méthode et les moyens qui sont choisis finissent par altérer, par abîmer le projet en lui-même", a déclaré jeudi Mme Parisot sur France 2.
"Si à chaque nouvelle idée, on invente une nouvelle taxe, (...) on va être totalement asphyxiés, très vite", a encore déclaré la présidente du Medef, pointant également du doigt une récente augmentation par le gouvernement des cotisations retraites "qui va toucher et les salariés et les entreprises".
Les propriétaires bailleurs privés regroupés dans l'Union nationale pour la propriété immobilière (UNI), ont demandé "au président de la République d'envisager un autre système de financement".
"Le gouvernement de droite, après la suppression de l'abattement forfairaire, la réduction du dépôt de garantie à un mois, la multiplication des diagnostics obligatoires, va frapper une nouvelle fois l'immobilier en taxant encore plus les revenus fonciers", a déploré l'UNI qui revendique 250.000 adhérents.
Assureurs et associations d'épargnants ont jugé la décision "inopportune" en pleine déprime de la Bourse et à l'heure où 12 millions de personnes ont une assurance vie et 6,5 millions sont des petits porteurs.
"Satisfaite" d'une taxation du capital pour financer le RSA, la Fnars (associations de réinsertion) a estimé que celui-ci "ne peut pas tenir lieu de seule politique sociale".
Enfin, François Bourguignon, président du comité d'évaluation du RSA, a estimé que l'action du RSA sur la réduction de la pauvreté ne fait "aucun doute" mais que ses effets incitatifs pour la reprise d'emploi sont encore incertains.
M. Bourguignon, ancien chef économiste de la Banque mondiale, a regretté que le RSA soit généralisé avant la fin des travaux d'évaluation. "Il est dommage que le calendrier politique ne soit pas synchrone avec le calendrier académique", a-t-il déclaré dans les Echos.
chemus
Et la publicité
Thursday 28 August | 22:24
La manne que représente la publicité pourrait être mise à contribution. Quand on constate tout ce que finance celle-ci ! Le prélèvement des 1.1 % fournirait me semble-t-il une belle somme.
marine
Confiance entamée
Wednesday 27 August | 23:01
Tant pis pour les finances à verser si ce sont des malheureux qui en profitent ! Mais il y en a aussi qui doivent leurs petites économies qui les sécurisent à beaucoup de privations et d'autres qui n'en ont pas car ils s'offrent tout ! J'aurais préféré que M. Sarkozy ne fasse pas certaines promesses qu'il ne tient pas. Ca m'aurait permis de lui garder ma confiance ! J'ai l'impression d'avoir voté à gauche et de m'être trompée.
pier21
Constat désabusé
Wednesday 27 August | 14:03
Qui peut ne pas se sentir solidaire ? Mais de quoi ? De qui ? Pour quoi, pour qui ? Alors 1 % de plus, s'il n'y a pas d'autre solution, ce dont je doute fort vu les gaspillages à tous les étages de l'Etat, de l'administration et des collectivités locales ! Et puis il me semble que le président avait dit qu'il allait non pas augmenter les impôts, mais faire des économies ! Ensuite, si j'étais sûr que le RSA ait une efficacité ! Mais à voir ce qu'est devenu le RMI, les abus de la CMU, j'ai la faiblesse de penser que le RSA est une fausse bonne idée car bien bêtes seront ceux qui travailleront à temps plein pour gagner moins que les RMIstes acceptant un temps partiel, et puis que deviendront ces RMIstes lorsque le temps du RSA sera terminé (sauf s'il perdure indéfiniment, comme le RMI) ? Bref, aider ceux qui n'ont pas eu de chance, oui, ceux qui se sont mis ou se mettent en situation difficile non ! J'espère pour le président qu'il récupèrera sur sa gauche ce qu'il aura perdu sur sa droite, ou que le PS sera toujours aussi peu crédible, sinon...
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