Economie

Publié le 25/07/2008 à 13:14 - Modifié le 25/07/2008 à 13:16 Le Point.fr

Lagarde : "Notre priorité absolue n'est pas de baisser les impôts"

AFP

Lagarde :

La priorité, selon Christine Lagarde, n'est pas de baisser les impôts © IBO / SIPA

Comment réduire les déficits publics sans augmenter les impôts ? En s'attaquant aux niches fiscales, répond Christine Lagarde. "La mission que j'ai reçue (...) est de bâtir une stratégie fiscale à taux de prélèvements obligatoires constant. D'ici à 2012, la priorité absolue est d'éliminer le déficit public, elle n'est pas de baisser les impôts. La situation de nos finances publiques nous l'interdit", affirme vendredi la ministre de l'Économie dans une interview aux Echos . "Le contexte économique et financier que nous connaissons exclut un grand soir fiscal, tout autant que l'instauration de dégrèvements d'impôts massifs."

La locataire de Bercy indique que le gouvernement va, "dans les semaines qui viennent, formaliser trois orientations qui seront mises en oeuvre dès le projet de loi de finances pour 2009" : "l'équité fiscale", l'environnement et la "compétitivité des entreprises". Les Echos précisent que ces grands axes, issus de la revue générale des prélèvements obligatoires voulue par le président Nicolas Sarkozy, sont consignés dans un "document d'orientation sur les évolutions de la politique fiscale" qui forment les "piliers de la stratégie fiscale d'ici à 2012".

À propos de l'équité fiscale, Christine Lagarde confirme qu'elle "réfléchit au moyen de plafonner les niches qui ne le sont pas encore, au cas par cas". Elle se prononce pour une "remise à plat" des exonérations accordées dans les Dom-Tom, soutenant qu'on "ne peut plus tolérer que certains contribuables exploitent ces dispositifs dans des proportions relevant de l'iniquité, pour ne pas dire de l'abus". Mais elle va plus loin : "Nous ne pouvons pas faire l'économie d'une réflexion sur un plafonnement global, malgré la question constitutionnelle", dit-elle, estimant que "c'est un sujet politiquement juste, et plus efficace que l'instauration d'un impôt minimal".

"Nous travaillons sur l'assiette en cherchant à ne pas pénaliser l'industrie"

En juin, elle avait pourtant émis des doutes sur l'opportunité d'un plafonnement global de ces niches, préconisé par la commission des Finances de l'Assemblée nationale qui en avait dénombré 486 pour un coût total de 73 milliards d'euros. Elle confirme aussi l'idée d'une "limitation des niches dans le temps", notamment pour "certains dispositifs destinés à soutenir l'investissement locatif".

Sur l'environnement, elle insiste sur le fait qu'il faut "traduire dans la fiscalité les engagements du Grenelle de l'environnement", elle estime que l'État "doit être plus coercitif qu'incitatif, en sanctionnant les mauvais comportements (...). Il faut instaurer davantage de malus que de bonus". Une réponse au ministre du Budget, Éric Woerth, qui avait fait savoir en juin que le bonus-malus écologique automobile, victime de son succès, coûterait environ 200 millions d'euros à l'État en 2008.

S'agissant des entreprises, Christine Lagarde veut "réviser les valeurs locatives", c'est-à-dire l'assiette des impôts locaux, en défendant l'idée de "basculer graduellement vers la valeur vénale des biens, au fur et à mesure de leur vente et de leur rachat". La ministre de l'Économie, qui promet de travailler "dès la rentrée" avec les associations d'élus locaux et les professionnels, "espère entamer le processus en 2009, en le faisant figurer dans le collectif budgétaire de cette fin d'année". Pour la réforme de la taxe professionnelle, elle souligne que "c'est une question de volonté politique". "Nous travaillons sur l'assiette, là encore, en cherchant à ne pas pénaliser l'industrie sans pour autant accabler les services, et sans pénaliser l'emploi non plus", détaille-t-elle.

18 COMMENTAIRE(S)

ryyr

mouais

Monday 28 July | 12:52

Je voudrais rappeler à ceux qui croient qu'on n'a fait des cadeaux qu'aux riches, que la réforme des droits de succession vise aussi les catégories moyennes supérieures (celles que l'on appelle "riches" en France mais catégories moyennes en GB...), notamment avec l'exemple donné par carissa... Sans compter ceux qui ont eu la chance de profiter de la défiscalisation des heures sup', bien sûr, ils ne sont pas assez nombreux, mais il n'y a que le PS pour croire que l'on peut appliquer une règle unique pour tous (cf les 35H...)

dr

Promesses

Saturday 26 July | 18:43

Le déficit tant décrié n'est pas le fait des Français, mais bien des politiques, tous partis confondus ! Tous ont donné et continuent de le faire généreusement avec l' argent des autres ! La France terre d'accueil ! Tous ont dilapidé l'argent public en dépenses inconsidérées dans les ministères, en engageant des fonctionnaires à profusion depuis 40 ans ! Et chaque gouvernement avait le culot de dire aux Français qu'ils allaient devoir se serrer la ceinture ! Et la gabegie des dépenses continuait ! Et maintenant on revient sur les promesses ! Le déficit était connu, il faut assumer ! Ce pays doit arrêter de taxer le travail ! Je suggère que l'on taxe également ceux qui reçoivent des subventions ! Il est aberrant que les premiers nommés, au bout du compte vivent moins bien que les assistés ! 50 % des Français ne doivent plus vivre sur le dos des autres ! Étant donné le déficit immense de la France, on peut réaliser que les promesses fiscales ne verront jamais le jour ! Je ne vous trahirai jamais !...

DANIEL 74

Perdre la boussole !

Saturday 26 July | 17:02

Madame la Ministre, qui fait toujours référence à la probité et au sérieux des élites nordiques ne pourrait-elle pas montrer l'exemple d'une rigueur en contrôlant les frais divers non budgéter et surtout se contenter de 30.000 fonctionnaires au lieu de 180.000 (comparaison avec la Suède). Son ministère n'est pas le pire : culture, agriculture, anciens combattants ou les incontournables santé et éducation ! Notre déficit et notre dette pourrait fondre et nous pourrions investir dans la recherche et essor, sans supprimer ou baisser les impôts qui doivent être un honneur pour les citoyens d'en payer et de faire partie de la société. Par contre les niches, les avantages non déclarés au cours réel, les CE omnipotents, enfin tout ce qui est contraire au droit du citoyen doivent être supprimer. Mais que faire dans une Société où 20 % de celle-ci s'approprie plus de 60 % du PIB, y compris pour les retraites. Qui va pouvoir agir ?

Marc

Pour payer l'ardoise Tapie

Saturday 26 July | 09:57

Vraiment, elle aurait dû commencer par ne pas favoriser l'arbitrage dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais. Elle serait plus crédible aujourd'hui.

AG

Je suis bien heureux de payer des impôts sur le revenu

Saturday 26 July | 09:10

Et j'aimerais en payer encore beaucoup plus car ce serait l'indice que mes revenus sont plus importants. Par contre une diminution du foncier et surtout les impôts locaux seraient les bienvenues. Et la suppression des droits de succession surtout entre époux quand vous avez un bien commun n'est que justice.

carisa

Paquet fiscal

Friday 25 July | 17:50

Personne ne parle de la suppression des droits de succession entre conjoints ; quand on a trimé toute sa vie pour avoir un petit chez soi quand d'autres partent en vacances, et que tout d'un coup l'un des deux s'en va et que vous êtes obligé de vendre votre petit bien pour des droits de succession, si vous êtes trop âgé, on ne vous prêtera rien, alors réfléchissez [...] on voit bien que vous n'avez jamais été dans le besoin.

salvo

Quel culot !

Friday 25 July | 15:20

Après les cadeaux aux riches, affirmer qu'on cherche la justice fiscale n'est pas une provocation ; c'est un appel à la révolution ! Petite suggestion pour la justice fiscale : l'abattement de 10 % est plafonné par ménage pour les retraités et par personne pour les actifs ; c'est pas une injustice anti-vieux ça ?

Démosthène

Pourtant... !

Friday 25 July | 14:13

Le fait d'avoir moins de revenus à partir des impôts du contribuable français, obligerait nos classes dirigeantes et dépensières à revoir leurs méthodes de gestion et à serrer la ceinture sur les postes de gabegies qui sont légions dans nos différentes administrations. L'Etat pourrait même faire des bénéfices !

cactus 22

Priorité

Friday 25 July | 12:43

Sa priorité absolue n'est pas de baisser les impôts : cela se conçoit aisément : c'est déjà fait pour les plus riches !D'ailleurs, ces derniers ignorent la rigueur, ce n'est pas comme la France moyenne ou modeste ! Deux poids et deux mesures, comme d'habitude !

Emma

Priorité aux baisses fiscales...

Friday 25 July | 12:35

... des très riches : ce fut la première priorité de Sarkozy et Madame Lagarde qui fait semblant d'oublier. Pour tenter de contrer le déficit, elle va s'attaquer aux niches fiscales de la France moyenne et d'en-bas.

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