Economie

Publié le 20/11/2008 à 21:01 - Modifié le 21/11/2008 à 09:57 Le Point.fr

Dijon perd sa moutarde : Maille Amora supprime 265 emplois

lepoint.fr (avec agence)

Dijon perd sa moutarde : Maille Amora supprime 265 emplois

Photo d'illustration © SAMIRA BOUHIN / AFP

Dijon perd sa moutarde : Amora Maille, passé sous la coupe d'Unilever, s'arrête. Le groupe américain ferme le site historique dans la capitale bourguignonne, fondé en 1900, et deux autres usines en Bourgogne. "C'est une bombe !", s'insurge Sylvain Pépin, syndicaliste CFDT, réagissant à ces fermetures prévues d'ici au 31 décembre 2009. "La fermeture de l'usine de Dijon, qui date de plus d'un siècle, et de celle d'Appoigny (Yonne) entraînera la suppression de 296 emplois", précise-t-il, alors que la direction ne parle que de "265 suppressions de postes". Le groupe Amora Maille compte 453 salariés, dont 184 sur ses sites de Dijon, 192 à Chevigny (Côte-d'Or) et 77 à Appoigny, selon la direction. La cité des ducs de Bourgogne est sous le choc. Et le préfet a le premier réagi en appelant à "une mobilisation exceptionnelle du service public de l'emploi pour accompagner cette restructuration".

Créée en 1752 par le Dijonnais Jean Naigeon, la moutarde bénéficie d'une appellation contrôlée grâce à un décret gouvernemental de septembre 1937. Elle était depuis étroitement associée au nom de la capitale de la Bourgogne et sa réputation dépasse les frontières. Mais le temps des vaches maigres est arrivé avec, notamment, l'envolée du prix de la graine de moutarde, principalement importée du Canada, qui a augmenté de 144 % sur un an.

Délocalisation du ketchup en Turquie

Et, jeudi, le couperet est tombé avec "ce projet d'organisation" d'Amora Maille "visant à rassembler ses forces en Bourgogne". Car, affirme la direction, la "production de l'usine de Dijon a baissé de près de 42 % depuis 2002" et le site d'Appoigny "n'est utilisé qu'à moins d'un quart de sa capacité". Les activités industrielles seraient ainsi "concentrées à Chevigny", près de Dijon, pour "répondre à la nécessité de consolider et de simplifier l'activité industrielle et pour retrouver sa compétitivité dans un contexte économique tendu", souligne la direction.

Dans cette optique : "un pôle Recherche et Développement dédié aux produits fabriqués à l'usine" sera implanté à Cevigny et "10 millions d'euros investis pour en faire un site de référence en Europe pour la fabrication des mayonnaises, moutardes, vinaigres et cornichons", affirme le moutardier. Pas de quoi consoler les syndicats, qui déclarent avoir retenu la direction pendant une heure dans la salle du comité d'entreprise jeudi. Des syndicats qui craignent l'externalisation de toute la production, "en Pologne, en Turquie et en République tchèque, comme c'est déjà le cas pour les épices, le ketchup et les vinaigrettes", selon Sylvain Pépin. Le groupe, passé sous la coupe d'Unilever en 2000, sera en inventaire vendredi. Et les syndicats ne prévoient pas d'action dans l'immédiat.

27 COMMENTAIRE(S)

Village gaulois

Avez-vous remarqué ?

Sunday 14 December | 23:13

D'année en année, les mentions géographiques disparaissent des produits. Concernant Maille aucune mention sur le pot de moutarde. Préméditation ? Si le gouvernement rendait cette mention obligatoire les consommateurs achèteraient en connaissance de cause : j'ai les moyens, je suis patriote, mon beauf travaille chez Maille. J'achète français ! On pourrait penser qu'il s'agit d'un coup de l'Europe qui aurait imposé ce genre de mesure. Mais non puisque la moutarde Ikea elle porte "spécialement" pour le marché français la mention "fabriqué en Suède" (la douzaine de traduction dans les autres langues ne le précisant pas !). Pourquoi les Suédois et pas nous ? Alors, voilà je propose l'apposition de la mention obligatoire fabriqué en France ou ailleurs, avec l'adresse de l'usine de production. Même les Chinois s'y mettent. Mais cela gêne évidemment les multinationales et le Patronat français, trop préoccupé à augmenter ses marges en délocalisant, et en jetant des milliers de salariés dans le chômage et la dépendance à la solidarité nationale (impôts, etc.). Les Français sont trompés sur la vraie situation économique du pays qui s'enfonce dans un capitalisme chaque jour plus brutal, et qui chaque jour prend de l'avance sur les références en la matière, tels la Grande Bretagne ou les Etats-Unis. Délocaliser Maille, c'est pour augmenter encore les déjà confortables marges d'Unilever français. Bougez-vous ! [...]

baladeur

vesoul

Sunday 7 December | 23:52

Tout à fait d'accord avec vesoul. Nos marques d'origine doivent rester en France. Qui fera une loi ? La France ? L'Europe ?

vesoul

Comme le savon de Marseille

Sunday 7 December | 17:27

Le savon de Marseille a subit le même sort il y a quelques mois avec la liquidation de la plus grosse savonnerie d'Europe, la volonté de grands groupes de délocaliser les productions dans un premier temps en Europe, et encore, mais surtout en gardant le marquage faisant croire à une production bien française, le cas n'est pas unique (savon de Marseille, Savon Mt St Michel, certaines galettes Brotonne, ect...) l'ensemble de la classe politique est au courant de cette pratique de fraude sur le marquage faisant croire à une production française, elle regarde et attend que la tempête se passe. Il faut simplement faire une loi interdisant tout marquage faisant croire ou penser au consommateur une production autre que le lieux invoqué au marquage,cela éviterait à de grand groupe de délocaliser leur production en gardant le prestige d'une localisation d'une marque. Mais il n'y a aucune volonté de faire de nos politiques et encore moins de l'Europe, le savon de Marseille est bien fait aux Emirats Arabes et avec de la matière première achetée hors taxe par ce pays et revendu, pourquoi pas un jour la moutarde, si rien n'est fait avec la crise actuelle de nombreux groupes vont profité de cette occasion sur de faux prétextes pour faire cette opération ?

baladeur

Faites-la à Dijon

Sunday 7 December | 10:51

Il faut remonter une entreprise (coopérative ?) avec tout le personnel et fabriquer cette moutarde de Dijon à Dijon, puisqu'ils savent la faire !

david

Unilever est européen

Saturday 29 November | 15:20

A vouloir accuser le capitalisme anglo-saxon et ses errements, Unilever qui est anglo-néerlandais, est devenu américain dans l'article ! I don't think so !

Jim

Mon papa...

Monday 24 November | 12:20

... doit se retourner dans sa tombe, lui qui a passé sa vie a construire Amora, d'employé de bureau à DRH, avec Raymond Sachot (qui a inventé la Générale Alimentaire et la gestion sociale) et tous les propriétaires successifs jusqu'à Danone... Après Amora n'est devenu qu'une marque en portefeuille Tout fout le camp... même les symboles... Que va devenir le silo à grain du 48 Quai Nicolas Rollin et le musée de la Moutarde ? Les "Amora" battez-vous !

Denisemarie

Boycott

Monday 24 November | 12:08

A partir du moment où Amora délocalisera hors de france la fabrication je boycotterai leurs produits. Les consommateurs devraient faire de même. Amora fabriqué hors de France ne sera plus pour moi Amora.

JB

à hephep

Monday 24 November | 10:28

Ca fait des années qu'ils se remplissent les poches en négligeant la concurrence. Je vois un pot de moutarde à 0.70 centimes contre le même à 2 euros griffé Maille... même couleur meme goût ! Les consommateurs ne se trompent pas et en ont marre de payer bêtement. Un bon patron est un patron sachant anticiper la concurrence.

JB

Que Maille m'aille

Sunday 23 November | 21:25

Moi, j'ai la moutarde qui me monte au nez !

carisa

Dijon élus socialistes ;au boulot fini la récré

Saturday 22 November | 14:46

Dijon, maire socialiste, président de région, supporter de Ségolène. Il est du coté des salariés, il compatit puis basta. Il faudra peut-être se remettre au boulot, les élections du PS, c'est fini.

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