Economie

Publié le 01/12/2008 à 15:08 - Modifié le 03/12/2008 à 12:56 Le Point.fr

Comment les PME font face à l'assèchement du crédit

Par Marc Vignaud

Comment les PME font face à l'assèchement du crédit

Il est trop tôt pour livrer des chiffres, mais il semble que le message soit passé" auprès des banques, positive René Ricol, même si la situation varie fortement d'une région à une autre © MICHELE DANIAU/AFP PHOTO

"Les banquiers se remettent à faire leur travail." Devant une petite dizaine de chefs de petites entreprises réunis par la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) pour témoigner de leurs déboires avec leur banque, René Ricol, le médiateur du crédit nommé par le gouvernement pour garantir l'accès au crédit des PME, se veut résolument optimiste. Les difficultés de financement (trésorerie, crédit, assurance crédit...) des entreprises sont pourtant loin d'être toutes réglées.

Patron d'un groupe industriel spécialisé dans les filets de protection, Pascal Claverie signe, il y a un an, un accord de prêt avec sa banque. Au moment d'activer le prêt, l'établissement refuse pourtant de verser l'argent. Le chef d'entreprise, qui emploie 70 personnes, assigne alors l'établissement pour faire valoir son droit. La banque obtempère contre un taux intérêt plus élevé que prévu. Mais, depuis l'éclatement de la crise financière, Pascal Claverie fait aussi face à un autre problème. La situation de ses clients se dégrade. Du coup, il est obligé d'avoir recours à l'assurance-crédit pour se prémunir contre les risques d'impayés et les délais de paiements allongés. À des conditions drastiques : "10 % à 30 % de plus que le tarif habituel". Résultat, il risque de devoir volontairement limiter son activité. "Et 20 % de chiffres d'affaires en moins, c'est 20 % d'effectifs en moins", prévient-il.

"La crise ne fait que commencer " (CGPME)

Le médiateur promet de se pencher sur ce problème. Comme pour le crédit bancaire, il souhaite obtenir des assureurs-crédits le maintien de leurs encours de garantie accordés avant la crise. En attendant, face au durcissement des conditions de financement dont témoignent les PME, René Ricol recommande "faire jouer la concurrence". C'est ce qu'a fait avec succès Olivier Fély-Biolet qui a créé il y a deux ans son cabinet de Conseil en ressources humaines. Confronté à un refus de prêt de la part de sa banque pourtant garanti à 70 % par Oséo (établissement public de soutien aux entreprises), il doit en plus affronter la remise en cause de son autorisation de découvert. Il s'adresse alors à un autre établissement qui lui accorde finalement son financement sans difficulté. D'autres entreprises ont eu moins de chances et ont dû avoir recours aux services du médiateur du crédit. En exercice depuis sept semaines, René Ricol a reçu 1.500 demandes, diversement justifiées. "Il est trop tôt pour livrer des chiffres, mais il semble que le message soit passé" auprès des banques, positive René Ricol, même si la situation varie fortement d'une région à une autre.

En attendant, les PME avouent quand même devoir geler leurs investissements, renégocier leurs factures, ou encore rechercher des fournisseurs dans des pays moins chers. Avec à la clé une augmentation du chômage. Le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, tempère : "On sent une amélioration de la situation (...) mais la crise ne fait que commencer. On sera contents si d'ici un an les entreprises ont trouvé leurs solutions."

2 COMMENTAIRE(S)

MARBAL

A force de jouer...

Monday 1 December | 23:14

Les PME, comme j'étais, finiront toutes par baisser les bras. Quand tout va bien, on tape sur elles pour quelques "euro" de plus, mais quand çà foire, comme aujourd'hui, on ne sait que leur faire des risettes afin qu'elles tiennent bon. Trop, c'est trop !

PAVE

30 jours !

Monday 1 December | 16:03

1ère mesure indispensable pour le paiement des factures des PME, bien sûr ça ne fait pas le jeu des banques et de l'état, tR7s mauvais payeur ; pour des mesures concrètes et faciles à mettre en place c'est le désert, curieux, pourquoi les PME empruntent, c'est souvent pour rétablir une trésorerie en difficulté alors qu'elles ont gagné de l'argent qui n'est pas disponible au bon moment. Il sait ce que c'est une entreprise Sarko, on dirait pas.

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