Economie

Publié le 01/12/2008 à 21:43 Reuters

Ben Bernanke veut une politique monétaire active et énergique

Les tensions sur l'économie des Etats-Unis restent considérables et les autorités monétaires doivent être prêtes à prendre des décisions énergiques pour protéger la croissance et l'emploi, a déclaré lundi le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke.

"La politique économique de notre pays doit s'attaquer énergiquement aux risques notoires pour la stabilité financière et la croissance économique auxquels nous sommes confrontés", dit Bernanke, dans un discours qu'il devait prononcer à la Chambre de Commerce d'Austin.

Bernanke estime qu'il reste possible de baisser encore les taux, même si le taux des Fed funds est déjà tombé à 1%, mais il laisse entendre que la banque centrale usera également de mesures moins conventionnelles pour soutenir la croissance.

"Même si la politique des taux traditionnelle est limitée par le fait que les taux d'intérêt nominaux ne peuvent tomber en deçà de zéro, la Fed a une deuxième corde à son arc et qui reste efficace: l'approvisionnement en liquidités".

Bernanke a ainsi expliqué que la Fed pourrait acheter directement des effets du Trésor ou d'organismes publics et ce afin d'avoir une influence sur les rendements et de stimuler la demande.

"Deuxièmement, la Fed peut appuyer la liquidité non seulement au bénéfice des établissements financiers mais également directement à celui des marchés financiers, comme nous l'avons déjà fait pour le papier commercial (billets de trésorerie)".

La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 15 et 16 décembre et on s'attend généralement à ce qu'elle ramène son taux d'intervention de 1,0% à 0,5%. Elle userait en outre de mesure dites quantitatives pour approvisionner le marché financier en liquidités et pour amortir la conjoncture économique.

"La durée probable de la tourmente financière est difficile à apprécier et de ce fait les incertitudes entourant les perspectives économiques sont exceptionnellement amples. Mais même si le fonctionnement des marchés financiers continue de s'améliorer, les conditions économiques resteront sans doute faibles pendant un moment", a encore dit Bernanke.

VOYAGE MOUVEMENTÉ

De son côté, le secrétaire au Trésor Henry Paulson a dit que de nouveaux programmes de stimulation du crédit étaient en préparation et lui aussi a insisté sur le fait que la crise financière était bien ancrée.

"Nous progressons mais le voyage qui se prépare s'annonce mouvementé", dit-il, dans le texte d'un discours.

Pour Paulson, qu'elles aient ou pas perçu une partie des 150 milliards de dollars que le Trésor a injecté dans le système financier, les banques ont le devoir de prêter.

"Nous attendons des banques qu'elles accroissent leurs prêts en conséquence de ces efforts et il est important qu'elles le fassent", explique-t-il.

Quant aux nouveaux programmes pour les prêts, Paulson n'a pas été plus explicite. "Lorsque ces programmes seront prêts à entrer en vigueur, nous en discuterons avec le Congrès et la nouvelle administration", a-t-il déclaré.

Enfin, les députés démocrates américains tenteront sans doute de faire adopter en janvier un programme de relance économique de quelque 500 milliards de dollars, selon un proche collaborateur du camp démocrate.

Le plan comporterait en particulier une réduction des impôts pour les classes moyennes, une mesure voulue par le président élu Barack Obama, des dépenses pour les infrastructures, des aides aux Etats et des investissements dans le développement des énergies renouvelables.

Un peu auparavant dans la journée la chef de file démocrate à la Chambre des Représentants Nancy Pelosi déclarait qu'elle espérait que le Congrès présente un plan de relance à la signature d'Obama lorsque celui-ci prendra ses fonctions le 20 janvier.

Alister Bull, version française Wilfrid Exbrayat


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