Le numéro un mondial de l'acier ArcelorMittal vise 1.400 "départs volontaires" dans les secteurs non productifs en France au début 2009, a annoncé lundi son directeur général France, Daniel Soury-Lavergne, à l'issue d'une réunion avec les syndicats. "J'ai annoncé, pour l'ensemble de la France, un plan de départs volontaires avec un objectif de 1.400 personnes" au "début de l'année 2009" et il n'y aura pas de licenciements secs, a-t-il précisé. Ces départs devraient avoir lieu au "premier trimestre", a précisé une porte-parole. Ils concernent les salariés des "fonctions corporate, administratives et support achats, commercial, gestion", a précisé Daniel Soury-Lavergne. En France, ces fonctions sont remplies par environ 6.000 personnes sur un effectif total de 28.000 salariés toutes catégories confondues.
Ces 1.400 postes font partie des 9.000 que le groupe envisage de supprimer dans le monde, comme il l'a annoncé jeudi dernier. Sur ces 9.000 postes, 6.000 doivent être supprimés en Europe ; les 3.000 autres le seront essentiellement aux États-Unis, avait-il alors précisé. ArcelorMittal, né de la fusion en 2006 du groupe européen Arcelor avec l'indien Mittal Steel, s'est fixé pour objectif de réduire ses dépenses d'un milliard de dollars (775 millions d'euros) dans les catégories non productives. Le chiffre de 1.400 départs volontaires en France est "une cible, et non une décision", a cependant insisté Daniel Soury-Lavergne. Lors de la réunion avec les cinq syndicats, la direction leur a proposé de discuter d'un "accord de groupe" qui définira l'organisation des départs et assurera un "traitement équitable" de chaque salarié concerné à travers des "mesures d'accompagnement du volontariat", a-t-il ajouté. Daniel Soury-Lavergne a évoqué "la nécessité de réduire les structures du groupe pour tenir compte du fait que nous ne sommes plus dans la dynamique de croissance qui a précédé la crise".
Mesures de crise
Ces mesures viennent s'ajouter aux réductions de production annoncées depuis début novembre. Confronté à une chute de la demande mondiale d'acier, ArcelorMittal avait alors annoncé une diminution de 35 % de sa production mondiale au quatrième trimestre, contre 15 % prévue dans un premier temps. En Europe, "une douzaine" d'usines spécialisées dans les aciers plats, destinés à une industrie automobile en pleine crise, vont voir leur production réduite de 30 %. Les réductions, "temporaires", atteindront 50 % dans les usines françaises et belges de production d'inox. Interrogé sur la situation de la production en France, Daniel Soury-Lavergne a confirmé qu'elle était "en permanence ajustée aux besoins en métal des clients", qui ont "du mal à voir de quoi demain sera fait".
Outre les 9.000 suppressions de postes dans des métiers hors de la production, ArcelorMittal prévoit de licencier d'ici la mi-janvier quelque 2.400 salariés sur les 4.000 que compte son usine américaine de Burns Harbor (Indiana), spécialisée dans les aciers plats, a-t-il annoncé mardi. Parallèlement, le groupe, qui a lancé à la rentrée un plan d'économies, espère réaliser 5 milliards de dollars d'ici cinq ans.