Il vient de mourir à New York, âgé de 84 ans. Il s’est mêlé de tous les événements qui ont agité les Etats-Unis. D’une plume offensive, caustique parfois, toujours fortement expressive, il a fait retentir pendant plus d’un demi-siècle ses jugements et ses interrogations morales.
Par Marie-Christine Poncet. Photos Sipa. nov 07
Né en 1923 dans une famille juive du New Jersey, Norman Mailer passe son enfance à Brooklyn et intègre Harvard à 16 ans. Il obtient un diplôme d’ingénierie aéronautique, confie son ennui pour cette science, et, recruté par l’US Army, en 1943, part pour les Philippines et le Japon.
Deuxième Guerre mondiale, discrimination raciale, course aux armements, Guerre froide, relations avec Cuba, années Reagan, Guerre du Vietnam (Pourquoi sommes-nous au Vietnam ?, Les Armées de la nuit, marche sur le Pentagone de militants hostiles à la guerre du Viêt-Nam 1967), la peine de mort (Le Chant du bourreau, sur la vie, la carrière et l’exécution du criminel Gary Gilmore et pour l’écriture duquel il a rencontré Abbott, un autre meurtrier), guerres du Golfe… tout l’intéresse et il crie sa révolte en une quarantaine d’ouvrages.
C’est un « héros américain avec un amour féroce pour la liberté, et un intellectuel qui a pris position dans toutes les grandes luttes de son temps » qu’a décoré de la Légion d’honneur Jean-David Levitte, ambassadeur de France aux Etats-Unis.
Norman Mailer interroge tous les événements qui l’entourent pour tenter de leur donner un sens, et la quête d’une cohérence morale explique qu’il attache autant d’importance à l’assassinat de Kennedy (Oswald, un mystère américain, 1996) qu’à la vie de Marilyn Monroe (qu’il place en situation de dialogue avec Jésus-Christ par exemple dans Évangile selon le fils).