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Par François-Guillaume Lorrain - Coordination : Olivier Bruzek
« Au début, les Simpson ne quittaient jamais la maison », se souvient le créateur Matt Groening, 53 ans. « La 2e année, ils allaient dans leur jardin. Puis je les ai fait sortir et j’ai peuplé leur univers de dizaines de personnages. » Devant le succès en 1989, la Fox leur octroie une demi-heure d’antenne, mais le producteur, James.L.Brooks, négocie un contrat d’indépendance avec la chaîne du très conservateur Rupert Murdoch.
« Avec un dessin animé qui a l’air anodin, on peut se permettre des choses », analyse Groening, qui va inventer le premier dessin animé pour adultes, ancêtre des films Pixar et Dreamworks. L’idée d’une tribu déjantée lui est venue en un quart d’heure. « Jusque-là, je dessinais un lapin, Binky et une BD underground, Life in Hell.»
Groening a 33 ans, et ce fils de dessinateur, reconverti dans les films de surf, gribouille depuis ses premiers jours d’école. « Je voulais être journaliste et après cinq ans dans une université hippie, Evergreen, j’ai été vendeur dans un magasin de disques punk et écrivain-chauffeur. » Nourri de contre-culture, il va déverser toutes ses idées – la crise écologique, l’éducation des enfants, la corruption des autorités, le rêve américain – sur cette famille qu’il conçoit d’emblée comme une série amenée à durer.
« Je voulais en faire une comédie humaine.
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