Publié le 25/05/2008 à 21:27 Le Point.fr
François-Guillaume Lorrain

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crrrrrrrrr
Palme
Thursday 5 June | 18:33
Il est certain qu'avec 4 mois de vacances par an, des petites semaines de travail, des grèves à répétition et des arrêts maladies par dessus le marché, les enseignants aient le temps d'écrire des bouquins et des scénarios, de participer à des jeux télévisés, etc. Il ne faut plus s'étonner qu'il n'aient plus le temps d'enseigner ! vive la Palme !
JILL
Est-ce du cinéma ?
Tuesday 27 May | 10:47
A mon avis non... c'est un film. Le vrai cinéma, c'est fait pour distraire, rêver, s'émouvoir ... pas pour se prendre et gémir dans le giron du politiquement correct. A ceux qui ont oublié ce qu'est le cinéma ; je leur conseillerais de visionner deux minutes de " Gilda" ... l'extrait où la somptueuse Rita Hayworth effectue une danse langoureuse en suggérant un streap en enlevant ses gant . Un morceau d'anthologie.
libéral avancé
Original
Monday 26 May | 17:46
N'ayant vu que des extraits, je ne peux faire de commentaires sur le film en lui-même. Mais je crains une vison à sens unique de l'école, Begaudeau est en disponibilité de l'éducation nationale depuis 5 ans et les choses évoluent vite. De plus, pour l'entendre très souvent sur les ondes, ce n'est pas un homme de dialogue mais très dogmatique. L'école est faite de diversité, comme trop souvent on ne la traite que par le prisme des ZEP. Et puis une palme d'or, n'est ce pas un peu excessif ?
Ferula
Et l'art ?
Monday 26 May | 16:49
Cette palme d'or attribuée à ce que l'on appelle maintenant docu-fiction me gêne un peu. Je n'ai bien sûr pas encore vu le film ni même des extraits et il éclaire très certainement la difficulté d'enseigner dans un collège dit difficile. Mais, si l'enseignant en est un vrai et les élèves de vrais élèves aussi, que deviennent les véritables acteurs, les véritables réalisateurs, les vrais scénarios ? A mon sens le festival de Cannes est supposé récompenser des oeuvres artistiques de fiction, non pas des documentaires, ce que ce film semble être. Il me semble un peu dommage que tous les repères se perdent dans un flou qui, lui, n'a rien d'artistique.
annie Bellal
Conscient du monde ?
Monday 26 May | 13:59
"Le cinéaste récompensé devrait être conscient du monde qui l'entoure", écrit avec une grand bon sens F.G. L., mais ça veut dire quoi ? Il y a donc des cinéastes inconscients du monde qui les entoure, ça existe ? C'est Mélies contre les frères Lumière ? Le mélo populiste des frères Dardenne contre Indiana Jones ? Cantet contre "Escrocs mais pas trop" de Allen? Expliquez-moi... j'ai l'impression que les vrais films sont personnels, bêtement, et pas des produits.
suzanne
Déception
Monday 26 May | 13:12
Je suis un peu gênée de voir que c'est un américain talentueux, mais très engagé, qui vient donner des leçons aux français sur ce qu'ils doivent aller voir au cinéma ! Nous connaissons certainement nos ZEP mieux que lui, et nous avons souvent l'occasion d'en entendre parler ! Qui a envie d'aller voir "Envoyé Spécial" au cinéma ? Il y a un festival du film documentaire, je croyais qu'à Cannes, la fiction était reine, je suis déçue.
Daniel Ciccia
La défaite d'Abel
Monday 26 May | 11:00
Le Festival de Cannes n'a pas trahi l'ambition qu'il affichait à son ouverture. On annonçait un palmarès « politique », on l'a. On l'a même jusqu'à satiété puisque c'est l'Education nationale qui, depuis 2003, décerne son propre prix, qui a cette année décerné son prix au film « Che », figure ô combien enracinée dans l'imaginaire estudiantin, qui obtient, au travers du « vécu » d'une classe, la Palme d'Or, avec le film «Entre les murs», de Laurent Cantet, à l'intitulé si carcéral. Ce docufiction est une défaite du cinéma. Le 7e art s'enterre de lui-même dans la sociologie plutôt que chercher à réanimer le monde, à lui mettre et à se mettre lui-même des ailes. Cannes est allé au bout de sa logique, après avoir «cannesnisé» un genre cinématographique dont Michaël Moore est une sorte de parangon. Peut-être ces succès ne sont-ils des succès que parce qu'ils parlent à la part la plus médiocre de la nature humaine, celle qui se regarde soi-même et qui ne regarde plus le monde, aboutissant à ce morne consensus de pellicule qu'«Etre et avoir» avait déjà inauguré à sa façon. 1930 : Abel Gance, qui savait si bien penser la complexité humaine avant de manier la caméra, rêvait au sortir de la grande boucherie de 14-18 à une totale résurgence. «Pour les chants nouveaux, il faut une lyre nouvelle, dit Zarathoustra, et le cinéma serait-il cette nouvelle lyre aux cordes de lumière? Certes, les vérités entrent par les yeux et se détruisent par les oreilles. (...) Mais comme les gens sont bêtes. Les drames qu'on leur fabrique au cinéma sont pour moi d'une cocasserie irrésistible...». Je relis quelques passages de son livre «Prisme», dans son édition originale de 1930, que j'ai toujours auprès de moi. C'est un livre-cinéma, chaque page voit défiler l'imagination et la pensée, sans doute le génie. Dans un de ses carnets de novembre 1918 qu'il cite, Abel Gance se lance presque le défi de créer «une trêve de l'Homme»: «Je ne sais pas... Les trains sont emballés sur la descente vertigineuse, et on active les chaudières pour savoir qui le premier touchera l'abîme... Leur montrer des images... des images d'enfants... Peut-être Saint-Sulpice fait-il aussi des miracles... Etre très riche et par un subterfuge colossal, dussions-nous à plusieurs y laisser nos existences pour lui donner une apparence de vérité, trouver le moyen de faire croire aux belligérants à une invasion de Martiens par exemple, avec l'aide de quelques complicités scientifiques célèbres pour donner des assises de réalité certaine. On oublierait vite la guerre de peuple à peuple pour penser à l'autre qui se prépare et tous, amis et ennemis, ne se mêleraient-ils pas pour défendre la Terre, la Vie ? Lorsqu'on apprendrait la gigantesque mystification, il serait trop tard pour continuer la bataille où on l'avait laissée... Mais les hommes n'aiment que les mensonges qui leur coûtent cher, et celui-ci serait trop facile». Orson Welles a-t-il été inspiré, en 1938, par cette songerie de mystification ? Cinéma, cinéma, cinéma... En 1974, Jean-Claude Pinoteau prenait acte de 1968 dans son film «La Gifle» avec la débutante Adjani, lycéenne passionnée éprise de liberté, face à son père incarné par Lino Ventura. Il décrivait un fossé entre deux générations. C'est comme une déduction naturelle, qu'aujourd'hui des élèves du collège parisien Françoise-Dolto soient, à égalité avec leur prof, les stars de cette production cinématographique dédiée à la pédagogie. Dans un extrait, le dialogue entre le professeur et ses élèves voit le professeur demander à ses élèves qu'il l'autorisent à expliquer pourquoi faire l'effort de la langue. Au milieu d'un certain chahut, un élève lui accorde cette permission collective. Jean-Claude Defaux, principal du collège parisien Françoise-Dolto dont certains élèves ont tourné dans le film "Entre les murs", Palme d'Or du festival de Cannes, a expliqué lundi qu'il "veillerait" à ce que les enfants "restent des élèves". Peut-être, au delà de ce groupe représentatif, faudrait-il que les élèves redeviennent des élèves et que les professeurs redeviennent des professeurs. Je préférais le ralliement au savoir, à l'intelligence qui émanait du «Ô capitaine mon capitaine» du «Cercle des poètes disparus» pour parler de transmission de savoir. Ou encore «A la rencontre de Forrester». Ou encore «Will Hunting», du même Gus Van Sant. Ou encore, «The ressurection of champs», avec Samuel L. Jackson. Les transgressions y étaient lumineuses, vivantes, vibrantes. C'est vrai, c'est de la fiction. Oui, c'est du cinéma, qui part sans doute souvent d'une réalité plate pour lui donner du relief et du sens, comme les Grecs ont fait leur théâtre, développé leur héros, construit un rapport et une distance à la réalité qui donne sa saveur à l'humain. Lequel des deux cinémas ment le plus ? Celui qui vole, fait rêver, ou celui qui choisit de rester terre à terre ? Hier, une jeune fille interrogée, se plaignant de l'Education nationale d'une certaine manière, a dit qu'elle aimerait avoir un prof comme celui d'«Entre les murs».
thom
à patrick
Monday 26 May | 10:10
Votre commentaire m'a bien fait plaisir. Reste à voir le film pour se faire une idée. Et si ce film montrait la réalité d'une profession si haïe ?
patrick
Naître vieux
Monday 26 May | 10:05
Les habituels grincheux grimacent, sans avoir vu un film, révélant leur a priori, leur petit stéréotypes, dans chaque relation humaine, on peut atteindre, à l'universel, à l'émotion, à la poésie, aux paradoxes, etc. Alors petits soldats, de drogues culturelles soporifiques, gardez votre argent, vos relents de haine, repliez vous sur vous-même, ou faites l'énorme effort de vous ouvrir, ce n'est pas gagné, des gens naissent vieux, c'est ainsi !Je n'ai aucun avis sur le film, je ne l'ai pas vu !
jul35
Bravo
Monday 26 May | 09:53
Félicitations au réalisateur, espérons que de nombreux donneurs de leçons qui passent leur temps à dénigrer le travail des enseignants iront voir ce film...
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