Débats

Publié le 20/11/2008 N°1888 Le Point

Une odeur de formol

Franz-Olivier Giesbert

Va-t-on vers un gouvernement économique mondial ? Les pisse-froid des médias n'ont sans doute pas apprécié à sa juste mesure la réunion du G20, à Washington. Certes, il n'en est rien sorti de concret, à peine une souris. Mais la refonte du système financier international ne pouvait se faire en quelques heures. Au surplus la crise qui arrive sur nous comme un camion fou est trop forte aujourd'hui pour que les grands pays industrialisés ou émergents voient plus loin que le bout de leur nez. Ils sont dans le colmatage.

A Washington, quelques graines ont été plantées, qui vont pousser. A moins de vouloir risquer, demain, un nouveau cataclysme financier, on ne peut échapper à une harmonisation des réglementations nationales. Donc à une forme de régulation mondiale. Il faut espérer aussi que sera prise en compte la proposition de Gordon Brown d'un « collège de superviseurs » chargé de jeter un oeil sur le monde de la finance. C'est sur tous ces dossiers que se prépare aujourd'hui l'avenir du monde.

Apparemment, les socialistes ne l'ont pas compris, si l'on en juge par les débats du congrès de Reims. Quand un parti ne s'intéresse plus qu'au nombril de ses ambitions, c'est qu'il a la maladie. Mais le PS n'est qu'à l'image d'un pays en régression intellectuelle accélérée, à en croire les mots d'ordre abracadabrantesques des grandes grèves de la semaine. Celle des pilotes d'Air France, qui ne veulent pas qu'on leur donne la possibilité, seulement s'ils le veulent, de travailler jusqu'à 65 ans. Celle des personnels de la SNCF, qui entendent garder le monopole du fret. Celle, enfin, des enseignants, récurrente et pathétique, qu'on ne commentera pas, par pitié.

Ces jours-ci, c'est le formol qui est devenu notre boisson nationale.

17 COMMENTAIRE(S)

pafou

Déséquilibres.

Monday 1 December | 20:42

L'Asie toute entière a un excédent financier annuel absolument gigantesque envers l'Occident. CelA s'est cumulé durant 25 années consécutives! C'est à l'Occident de se réveiller ou de mourir.

grutt

Trouillard et pleurnichard

Thursday 27 November | 15:13

... voilà bien les deux "qualités" du Français. Celui-ci est dit-on le plus pétochard en Europe en regard de la crise. Il est aussi, traditionnellement, le plus pleurnichard soutenu en cela par les associations, syndicats et démagogues de tous poils qui lui disent à quel point il a raison de pleurnicher. A sa décharge les visions grotesques (le PS), apocalyptiques (la crise), corporatistes exacerbées (les grèves à répétition des enseignants ou des cheminots) présentées jusqu'à l'overdose par les médias (pardon pour le crime de lèse-journalistes)alimentent à coups d'heures d'antenne cette déprime. Comment s'étonner qu'il soit en Europe le plus gros consommateur de tranquillisants... Certes le climat est morose avec les licenciements en cours ou annoncés et il faut bien sûr en parler. La situation voudrait qu'un certain consensus politique aide à la mise en oeuvre de mesures de soutien (dans un 1° temps), de relance (dans un 2° temps) de notre économie. Malheureusement là aussi on a une classe politique dont le courage n'est pas la qualité première (à titre d'illustration l'abstention du PS sur le plan de soutien aux banques ou sur le RSA montre à quel point les Français passent au second plan). Les 920 députés et sénateurs (soit 50 % de trop compte tenu de la population) qui vivent "sur la bête" seraient bien inspirés de penser d'abord à la France avant de se contempler le nombril et mériter le qualificatif, peu envieux, de plus bêtes en Europe. Le formol dites-vous ? Je penche plus pour l'image du coq qui continue de chanter les pattes sur le tas de fumier.

thot

C'est quoi le PS ?

Thursday 27 November | 13:44

Combien d’adhérants ? prés de 50% d’invisible. Bravo mister Hollande ! vous êtes dans la ligne de Jospin qui fut, naguère, celui qui se retirait de la vie politique … mais qui continue à alimenter la zizanie de toute part. Si peu d’adhérants, de participants vous croyez pouvoir être là en 2012 ? Je ne crois ni en Ségolene ni en Martine. Sego s’est mise à l’abri de quand C. Allégre a voulu sa reforme de l’éducation nationale. Martine, 35 h, ce lourd boulet que l’on traîne derrière nous ! Alors ? P.S. qui êtes vous ?

Rogers

Le Formol

Wednesday 26 November | 13:23

Il va de soi que l'exemple doit venir d'en haut et ici c'est nos hommes politiques qui doivent donner l'exemple. Nous sommes dans une crise profonde et pas un homme politique ou une femme ne propose de revoir à la baisse leurs avantages acquis. Toute la souffrance doit être supportée par le peuple et non par nos gouvernants. Des économies on peut en faire tout de suite, commençons par baisser le budget de fonctionnement de l'assemblée de 15 %, celui du sénat de 20 %. Supprimons les avantages du restaurant, des voyages gratuits sur l'avion, le train, coupons par deux les effectifs des députés, par trois ceux des sénateurs, et enfin il faut supprimer les départements, et renvoyer les conseillers généraux à l'ANPE.

Thessalie

Tout ce qui lui passe par la tête

Tuesday 25 November | 19:55

[...] Etes-vous sûr d'avoir suivi Reims autrement qu'à la télé ? Vous avez lu les motions ? Vous avez lu, par exemple, les articles de Michel Sapin sur la crise ? Si les socialistes étaient aussi incompétents, si l'école des congrès était aussi nulle, on se demande pourquoi deux des leurs occupent les plus éminentes fonctions internationales au FMI et à la Banque Mondiale.

ubu

Formol

Monday 24 November | 11:47

Le formol ! Sur 920 députés et sénateurs combien étaient capables d'appréhender le pourquoi et les conséquences de la dernière crise financière : en disant la quarantaine on ne s'éloigne pas beaucoup de la réalité. Il suffit d'avoir observé le magnifique silence qui a régné pendant plusieurs jours pour assister ensuite à une cacophonie de propositions après que d'autres eurent commencé à prendre des décisions. Pourtant l'évolution de cette situation se dessinait depuis plus d'une année (avertissements d'économistes, yo-yo de la bourse...)Le monde politique qui nous est imposé n'est pas à l'image de notre société qui elle présente heureusement des capacités de rebondissements. Ainsi on légifère sur les parachutes dorés des grands chefs d'entreprises tout en ignorant les ombrelles dorées qui coiffent tant d'élus et anciens élus. On affiche des taux de réussite au baccalauréat faramineux alors qu'au niveau européen notre représentativité dans l'échelle des tests de connaissance est dans la moyenne. On assiste à une baisse de plus en plus préoccupante des effectifs de lycéens dans les disciplines scientifiques alors que l'on conspue la délocalisation et que l'on prêche l'innovation mais avec quoi ? On multiplie par la régionalisation les baronnies républicaines, on gonfle les effectifs des collectivités locales et nos élus font de plus en plus appel à des cabinets experts indépendants pour essayer de résoudre les problèmes qui leur sont posés. On a également multiplié les échelons administratifs(régions, départements, pays, communautés d'agglo, CDC, cantons, communes) alors que l'on fait le constat que 3 régions (Ile de France, Rhône-Alpes, PACA) font à elles seules près de 50 % du PIB national ! Comme vous l'écrivez dans votre sommaire l'on boit du formol et pour retrouver un peu de bon sens il faudrait peut-être demander à nos élus (comme cela a été dit lors d'une émission sur FR5 le 22-11-08 17h55) d'afficher à leur panoplie éthique de comportement et déontologie de la fonction à la place d"électoralisme et populisme.

Geneviève

Suite à Renata

Saturday 22 November | 19:35

Et il fait froid ce soir, on ne peut même pas se figurer qu'il y a des gens dehors.

renata

Le formol

Saturday 22 November | 18:11

Les banques veulent faire ce qu'elles veulent, sans être contrôlées, les grands grands corps d'Etat veulent garder leurs privilèges, et nos gouvernants, quand est-ce qu'ils donneront l'exemple ! Eux aussi ont de sérieux privilèges qu'il faudrait abolir ! Il n'y a que ceux qui n'ont rien que l'on entend pas... Et pourtant, leurs revendications tiennent en un mot, "vivre" plutôt que survivre...

bryval

Encore quelques jours

Saturday 22 November | 14:43

Et tout rentrera dans l'ordre, après les élections prudhommales qui vont calmer les syndicats jusqu'aux prochaines. Ca aura au moins permis à Martine Aubry de s'afficher dans une manif « Ah la brave dame, elle au moins, elle est de gauche », tout en dirigeant la ville de Lille avec le Modem ! Toutes ces grèves destinées à bloquer l'évolution sont condamnées car la situation générale de crise et cela donne beaucoup d'aisance à un gouvernement sans opposition. Les syndicalistes assurés à leur poste, Martine Aubry à la tête d'un demi PS, que voulez-vous qu'il arrive à Sarkozy. Au fil du temps, les effectifs de fonctionnaires vont se réduire, amenuisant la base syndicale et socialiste au même rythme. La France est en train de changer, du moins celle qui avance, la gauche s'enfonce dans son marasme et ce n'est pas bon pour la démocratie.

ludo

Les deniers de Marx

Saturday 22 November | 08:14

A quel moment les Français de tous bords retrouvrons-t-ils le gôut de la responsabilité qui est celui de la liberté ?

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