Publié le 03/07/2008 - Modifié le 03/07/2008 N°1868 Le Point
Claude Imbert
Pas facile de réformer la France ! Un an après son élection, l’énergie réformatrice de Sarkozy ne se dément pas. Mais la maussaderie de l’opinion, non plus. Vient-elle du trouble qu’engendrent les réformes, des soupirs du statu quo ? Pour partie, oui, mais il y a plus ! Vient-elle de ce que les résultats de réformes profuses sont peu perceptibles ? Pour partie, oui, mais il y a plus ! C’est en vérité que, dans sa mue historique, la nation n’est déjà plus ce qu’elle était et pas encore ce qu’elle devient. Une nation se décompose dont l’idée républicaine était le ciment ; une démocratie nouvelle se cherche. La réforme met sur le billard une mutante, privée de carapace, un corps hybride et vulnérable. A son chevet, les citoyens se sentent orphelins, égarés.
La nation française n’a pas le socle ethnique du peuple allemand, de l’insularité britannique. Son « vouloir vivre ensemble » est un assentiment délibéré. Celui de la France, depuis des lustres, « plébiscitait » une nation hiérarchisée, verticale, autour d’un principe jacobin et laïque, entretenu de l’école à l’isoloir, dans la promesse d’un progrès garanti.
Mais l’Histoire a condamné cette France-là. Ruiné, en 1940, sa fierté nationale. Coulé son prestige impérial à Saïgon et Alger. Pis encore, la révolution des moeurs, des idées, des cultures a saccagé le « vieux logiciel » républicain et sa morale du mérite, du travail. Une immigration nécessaire mais incontrôlée a ébranlé la confiance populaire dans l’édifice. La mondialisation et son marché ont fait le reste, dévalué l’autorité politique et démontré la vanité du protectionnisme. Si bien qu’une vieille nation-défaite et pas encore refaite-flotte entre deux eaux. D’un côté, l’Europe communautaire et, de l’autre, la régionalisation rognent son pouvoir national. Ce n’est pas la réforme qui désoriente les citoyens. C’est une mue, venue du tréfonds de la nation. Dans ce pathétique voyage, la réforme n’est qu’un nécessaire viatique.
Le désarroi est général parce que la nation est en gésine. Dans son « absence », la droite et la gauche patinent dans les fantasmes. La droite souverainiste et sa parentèle gaulliste cultivent la nostalgie d’un pré carré impossible. Et la gauche ressasse un socialisme pressé de redistribuer des richesses évaporées.
La mutation les inhibe et les décervelle. Elle impose, en tout cas, de libérer un pays étranglé par sa dette. Appauvri par la multiplication des droits et la rareté des devoirs. Ruinée par un modèle social périmé-ne fût-ce que par le seul allongement des vies. Tant pour les retraites que pour la Sécurité sociale, il reste menacé de faillite.
Dans les affres de la mutation, le bon sens impose de protéger une nation fragilisée, privée de ses anciennes défenses. Non pour restaurer l’édifice jacobin que le temps a condamné. Mais, déjà, pour aborder, sans illusions, à l’extérieur l’aventure européenne et à l’intérieur la régionalisation. Deux sables mouvants.
L’Europe ne sera pas celle d’un vieux rêve français. Dans le bercail des Vingt-Sept, et après le « non » irlandais, les peuples de plus en plus renâclent. L’Europe économique, profitable à tous, taille certes sa route et, sur l’immigration et peut-être l’environnement, les avancées y restent possibles. Mais l’Europe politique, elle, s’éloigne de plus en plus. Or les grandes nations du continent ne peuvent indéfiniment régler leur avenir sur un mirage. En Europe, il y a donc du « virage » dans l’air. Sarkozy, pour sa présidence européenne, tentera de l’aborder sans freiner. Du sport en perspective !
Quant à la régionalisation, elle ne doit pas devenir le réceptacle des déceptions nationales. Il est naturel que la fermeture d’une caserne, d’un tribunal, d’un hôpital fasse gémir. Mais malheureux que, dans leur néfaste cumul de mandats, tant de parlementaires ne servent que le local. Il est naturel que des citoyens désorientés se tournent vers de proches pénates, naturel qu’une vogue régionaliste encense la cordiale médiocrité des « Ch’tis », le bonheur dans le pré, les terroirs et autres blandices provinciales. Mais il est inquiétant qu’on ait pu songer à insérer dans la solennité de la Constitution le patrimoine des langues régionales. Cette foucade sent le fagot.
La régionalisation, avec l’entassement absurde de ses structures-communes, intercommunalité, départements, régions-, ne cède déjà que trop au gaspillage, à l’endettement, à la folie des grandeurs : un tiers des dépenses publiques ! Trop, c’est trop !
En un mot, la nation, c’est entendu, ne sera plus ce qu’elle était. La rénovation de la vieille maison a commencé, et c’est tant mieux ! Mais gare à ne point toucher aux fondations : on ne rénove pas sur du sable
bzh
Pauvre France
Tuesday 2 September | 17:24
M. Imbert, nous avons autant de socle que la nation allemande, mais il est plus diversifié (Bretons, Occitans, Alsaciens, Flamands, Normands, Basques). Socle fait de provinces et de peuples premiers que le Français a voulu amalgamer et qu'une révolution a balayés, dans un centralisme puissant, supérieur au centralisme de la royauté. Notre pays est en train de terminer cette révolution bicentenaire. La seule issue est une totale remise en question de tous ces acquis révolutionnaires et surtout ceux de la troisième république. Il faut repartir sur un total girondisme. La régionalisation telle que pratiquée est déjà un fiasco d'Etat républicain. L'Etat doit revoir la formation de ses élites, l'enseignement de l'ENA doit être revu. L'exemple de la construction des pays est significatif, ce n'est qu'un produit de technocrate de Paris où certains mots n'ont pas de sens pour le commun. Notre Etat marche sur la tête dans tous les domaines (voir l'idée centrale que nous sommes encore une forte puissance (regardons le poids de nos exportations, etc. Regardons le fait de vouloir briller partout !
bzh
@boudiou
Sunday 20 July | 10:51
Réponse sur quelques points : Le vecteur nucléaire "anglais" est américain le porteur SM est anglais, l'équipage est anglais, l'arme est américaine avec sa chaîne de décision de tir-présence d'un officier de tir américain à bord). L'ordre de tir sera donc "américain" avec accord de l'Angleterre. Laïcité : Simple instrument de management d'Etat et de gouvernance. La laïcité n'a jamais été une religion, il y manque la foi de l'individu, dans la divinité quelle qu'elle soit. Je ne considère donc la laïcité que comme une vulgaris religion d'Etat. Les peuples doivent avoir une religiosité de bonne tenue (l'Europe est chrétienne et non musulmane, il ne doit pas avoir d'hégémonie d'une religion sur l'autre, donc l'Islam doit impérativement rentrer dans le rang, nous sommes en terre d'Europe et non d'Asie ou d'Afrique. Les peuples de l'Est, ces gens doivent intégrer la façon de penser occidentale et ne plus raisonner en battus de l'Histoire et ex-soumis à des philosophies destructrices. Leur temps n'est plus aux pogroms, aux rafles, aux emprisonnements, ils sont enfin rentré dans un cycle de liberté... Dernier point Je ne suis pas pour les Anglais en Europe. Ces gens doivent enfin réfléchir sur deux points : Devenir européen ou devenir une fois pour toutes, le dernier état américain (ce qu'ils sont de fait). Ces "british" foutront toujours la M... en Europe, car ils voudront toujours commander.
Svecan
La grande mue
Sunday 13 July | 13:30
La France est restée bloquée sur un "logiciel" qui date du début des années 1960. Etat providence basé sur un contrat social dépendant d'une croissance infinie. Puis la fin de la croissance est intervenue, et le logiciel a continué à "fonctionner", sur un "hardware" totalement dépassé. Assistanat, démagogie compassionnelle de la gauche, immobilisme d'une droite timorée par l'ampleur des réformes à entreprendre. Nicolas Sarkozy, avec sa méthode poly-active tente de le faire. Il doit réussir, car le système est à bout, et les constats sont faits : dette paralysante, redistribution absurde, blocage des initiatives, fonction publique démotivée et pléthorique, etc. Les blocages sont connus : système de retraite par répartition condamné par la simple élévation de l'espérance de vie (vers les 90 ans...), système de santé qui ne réunit pas une médecine libérale et un système de remboursement socialisé sans contraintes véritables, forteresses législatives (code du travail, etc.) ingérables et "incapacitantes", tout cela doit être revu pour adapter la France au monde du 21e siècle. Il faut accepter ces pseudo "sacrifices", qui sont les affres de la mue tant retardée et si nécessaire. Tout est bon pour s'adapter, car au fond les Français sont prêts à affronter victorieusement la "guerre" de la mondialisation. Dans tout cela l'Europe est sans doute la seule possibilité d'y parvenir en "mutualisant" les efforts. Il faut nous y mettre, et vite. C'est vital, et si l'action entreprise échoue, croissance ou pas, mécontentement entretenu par une opposition obsolète et démagogique ou non, ce qui nous attend c'est un déclin fatal. La bataille droite-gauche avec Sarkozy est à fronts renversés : le mouvement et le progrès, l'adaptation sont à droite, le conservatisme, l'immobilisme, les illusions (comme souvent...) sont à gauche. Soyons de gauche, soyons sarkozyste, en restant vigilant sur la qualité, c'est-à-dire une certaine radicalité des réformes entreprises. Il n'y a pas d'alternative viable.
pinokio
Du Culte Jacobin
Friday 11 July | 16:03
Je viens de reprendre le fil de la discussion que je n'avais pu suivre depuis deux jours. Tout en considérant avec estime les arguments de chacun, j'approuve toujours la position de bzh qui me semble indiquer clairement, de façon convaincue et raisonnée, la voie générale dans laquelle nous devons nous engager pour réformer l'Etat et l'adapter à l'époque moderne. ainsi qu'à la diversité de la nation qui le nourrit. Ce n'est guère tache facile en effet, car la France, plus que ses homologues, n'est pas seulement un pays, mais elle fut et demeure encore un mythe qui touche à sa fin. Elle a donc suscité, et suscite encore, quelque chose comme un culte, du moins chez nos concitoyens, à défaut de chez nos voisins, et parfois à l'autre bout du monde. Un culte avec son clergé d'énarques, de préfets chamarrés sous les dorures de ses temples républicains. Il y avait dans l'antiquité le "Culte de Rome" avec ses prêtres et ses prêtresses, sa liturgie et ses feux dans lesquelles les fidèles jetaient des grains d'encens. Le Culte de Rome, est en fait devenu chez nous le culte de l'Etat-Nation, que la Révolution fondatrice a sanctifié dans le sang et paré de toutes les vertus dont celle de véhicule des Lumières et de l'universel ! Excusez du peu ! On n'a pas toujours assumé, il faut l'avouer, mais le fait est là ! L'Etat ayant pris chez nous une tournure centralisée, préparée par des rois de droit divin, renforcée par l'épopée de l'empire, et jamais fondamentalement remis en cause par nos républiques successives, c'est cette forme-là qui a été enseignée et sacralisée et non la version fédérale de la Révolution Américaine et des débuts de notre Révolution. De mon point de vue, on se heurte donc encore de nos jours à une défense de type globalement religieux, ou de nature idéologique si l'on préfère, pour peu que l'on conteste la pertinence d'une construction qui n'a plus sa place dans le monde démocratique d'aujourd'hui et de fait, n'existe plus que sous une forme partielle et racornie depuis notre entrée dans le cadre européen. Malgré un regain de vigueur ici et là, pour tirer par exemple sur l'ambulance des langues minoritaires, on se rend compte peu à peu qu'elle ne fonctionne plus vraiment comme il le faudrait. Remettre en cause le centralisme et l'étatisme français, dont Tocqueville disait déjà qu'il était plus contraignant que celui de la Prusse, revient toutefois trop souvent encore à développer une sorte d'hérésie anti-nationale, un insupportable luthérianisme suscitant la levée de boucliers et les anathèmes des traditionalistes jacobins : Comment ? On voudrait nous interdire la messe en latin ? Mais je dois reconnaître que sur ce fil, les échanges sont plus pragmatiques et courtois que l'analyse ci-dessus ne le laisserait prévoir...
bzh
@boudiou
Friday 11 July | 15:46
Ok, pause "réflexion", bon W.E à vous, je distille vos propos, donc au 15 ? N'empêche que la France n'est pas en état d'intégration à l'Europe et l'Europe pas en état d'intégration mondiale (trop vieux tout ça). Un de mes principes de base est qu'il faut dans l'état actuel, revenir sur la vision gaullienne et par extension sur le noyau dur. Quant à l'Angleterre, je ne vois pas ce que nième état américain fait en Europe, quant aux pays de l'est, ils sont déjà dans la main américaine (par profit et soit disant protection contre les aléas) Je redis ce que j'ai appris et analysé à 15 ou 16 ans, lors d'une conversation d'un attaché militaire américain avec mon père (monsieur, nous vous laisserons faire l'Europe que nous voulons), c'était il y a déjà quelques années, mon père est mort depuis longtemps et je vois vraiment ce qui se passe... Mais je continue à réfléchir dans ma niche bretonne.
Boudiou
@bzh
Friday 11 July | 14:36
Je ne sais pas si le pacte charbon-acier était voulu pour lancer une Europe politique. Pas plus que le traité de Rome. Si c'était le cas, c'est raté. L'économie a pris la main. La construction politique est quasi-inexistante. Je ne peux m'empêcher de penser à la RAU (et encore, eux, ils parlaient la même langue et pouvaient donc communiquer aisément au niveau des peuples). La politique s'appuie aussi sur la force. Comment gère-t-on le problème de l'arme atomique que les Anglais et les Français sont seuls à posséder ? Comment gère-t-on les oppositions fondamentales dans les conceptions politiques entre les pays comme la Pologne ou les pays Baltes et les pays de "l'ouest" ? Comment gère-t-on la laïcité française ? Comment gère-t-on les rapports avec les pays de l'ancien bloc soviétique qui essentiellement motivés par un intérêt économique et ne feront aucune concession qui ne leur soit pas profitable. On peut allonger la liste presque indéfiniment. Il ne fallait pas faire l'Europe à 27 ? Elle était voulue par les grands acteurs économiques de l'économie libérale (main d'oeuvre moins chère, baisse des coûts, pression économique sur les pays "riches de l'UE = plus de profits). Ce qui est devenu un fait évident c'est que les grands acteurs de l'économie libérale ne veulent surtout pas d'une Europe politique qui serait en mesure de réguler l'économie européenne en les empêchant de profiter de l'absence de législation pour maximiser leurs profits au détriment des populations européennes. Nous voilà assez loin de la régionalisation new-look. Dans le contexte politique européen actuel, en dehors de la diminution du nombre de fonctionnaires (mais il y a d'autres moyens d'y parvenir) une réforme quasi-totale de la structure administrative, économique et politique de notre pays, compte-tenu des traumatismes sociaux très importants qu'elle ne manquerait pas de provoquer, ne me parait pas une priorité. On ne peut pas avoir plusieurs priorités (contrairement à ce que fait l'actuel gouvernement qui en a une nouvelle chaque jour). Si notre priorité c'est l'Europe politique, il faut, pour l'instant, cesser de se préoccuper de la structure administrative de la France, qui n'est pas un obstacle à la création d'un état européen et concentrer nos efforts sur cet objectif : faire naître le plus rapidement possible un État européen. Ensuite, lorsque les moyens existeront de gérer et de contrôler l'Europe, il sera temps, si c'est nécessaire, ou utile, ou souhaité, de modifier les structures de l'état "France". Si l'on ne peut pas avancer source terrain, alors les Anglais avaient raison : l'Europe ne serra jamais autre chose qu'une zone de libre-échange économique.
bzh
@ Tous - citation
Friday 11 July | 12:39
Je résume. Citation « ... Les Français sont atteints d'un mal profond. Ils ne veulent pas comprendre que l'époque exige d'eux un effort gigantesque d'adaptation. Ils s'arc-boutent tant qu'ils peuvent pour faire obstacle aux changements qu'elle entraîne. Regardez le passé : se sont-ils jamais montré capable de s'organiser spontanément, d'investir, de produire, d'exporter par eux-mêmes. Non, ils attendent passivement que la puissance publique fasse tout à leur place, il faut que se soit elle qui veille à tout. » Fin de citation. Charles De Gaulle. Fin du Post
bzh
@Boudiou
Friday 11 July | 12:12
L'idée est de faire de la France, par voie démocratique, une force économique par la puissance de ses entités régionales ou provinciales. il nous faut au moins 14 espaces de puissance économique "européennes". Pourquoi cela ne se fait-il pas ? Parce qu'au pouvoir de l'état nous avons toujours du centralisme "girondin". La France s'est construite sur le centralisme royal, puis de révolution, puis d'empire pour terminer sur la puissance de République, à Paris, unificatrice (un seul point décisionnel, une seule vérité, un seul credo). La fête révolutionnaire de la fédération était pour une autre pensée de gouvernance d'état. Je ne dis pas que le centralisme n'est pas nécessaire, il l'est pour une force d'état à construire. Les Français l'ont fait dans le sang de leur révolution il nous faut, maintenant, mettre cette France dans l'Europe et la mondialisation. La première phase a été de la vision du Général. Actuellement nous avons quelqu'un qui veut aller plus avant et qui quelque part pense qu'il faut restructurer pour la France de toujours, Ingrid a dit "ma douce France". Celle de nos pères et de nos enfants. Notre action, à nous les vieux et moins vieux est de leur donner la plate forme pour un devenir. Bien sûr l'Europe doit se faire sur des éléments forts, sur un social bien compris, nous sommes quand même le socle du monde occidental et nous devons réussir ce coup. Mes propos n'ont rien d'obsessionnel, la structure à mettre en place a pour principal objectif, la force d'économie obtenue dans une culture de partenariat et non de conflit permanent entre les différents acteurs "à l'objectif". L'évidence est que les Français ont eu la peau de la royauté en moins de dix ans, parce qu'ils étaient "couillus", les lascars, actuellement nous ne sommes que de petits conservateurs et nous ne savons pas où aller. L'objectif de tous nos politiques doit être de faire ce pas en avant. Bien sur avant de faire l'UE que l'on nous propose il fallait mettre en place des bases fortes et puissantes, il fallait mettre en place avant tout mouvement une structure d'exécutif et d'administration, il fallait mettre en place une structure fédérale (mais, à l'image de qui ?). Mais qui veut faire cela actuellement, avec 27 membres, chacun veut commander ! Chacun veut être le meilleur (la nouvelle tour de Babel se construit). Faut-il tout revoir?
Boudiou
@bzh
Friday 11 July | 11:21
Ma capaciité de compréhension est sans doute réduite, aussi ai-je tendance à m'en tenir aux faits. L'Europe économique est une construction basée sur ....l'économie. Economie de marché libérale. Cela n'a posé aucun problème majeur car cela s'est fait à travers des décisions de gouvernements ou de parlements. Mais l'Europe politique est en panne, et du même coup l'Europe sociale. Résultat: les populations, lorsqu'on leur en donne l'occasion par referendum, font savoir, non qu'elles ne veulent pas de l'Europe, mais qu'elles ne comprennent pas ce qu'on leur mijote. L'absence d'Europe politique empêche le débat d'être appréhendé par les citoyens. Aujourd'hui, politiquement, l'Europe est une espèce d'ONU où les décisions capitales ne peuvent être prises qu'à l'unanimité des membres, c'est à dire pratiquement jamais. Et avec un droit de veto pour chaque membre. Pour construire une Europe politique, il faut que les états renoncent à leurs prérogatives étatiques au profit d'un Etat Européen. Pour cela il faut qu'il existe, avec tous les attributs et les pouvoirs d'un véritable état : un gouvernement, deux chambres, les pouvoirs extérieurs : diplomatie, armée et intérieurs : justice, police, fonction publique, affaires sociales, finances etc... La restructuration adminsitrative de la France, dont beaucoup parlent ici, me paraît plus inspirée par un souci obsessionnel de réduire le poids de l'administration que par celui de mettre la France en bonne position pour pariciper à la mise en place de l'Europe politique. Il faut réduire le poids de l'administration sur le budget de notre pays (c'est à dire sur sa richesse produite), mais il ne faut pas que, obnubilé par cet objectif on se jette dans des solutions qui, pour paraître simples, peuvent n'en être que plus dangereuses pour le pouvoir central. Il est facile de découper 14 régions économiques en 14 ou 17 ou 8. Plus compliqué de définir les transferts de compétences et de moyens que cela impliquerait. Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire. Je dis que si c'était si facile et que le résultat soit parfaitement assuré, il y a longtemps que ce serait fait. Je ne connais pas un parti politique qui, accèdant au pouvoir, aurait renoncé à une réforme économe financièrement et efficace politiquement. Je crains que tout cela ne soit pas si simple et que l'on ait un peu tendance à lâcher la proie pour l'ombre. Le gouvernement actuel, volens nolens, a entrepris de réduire le poids de la fonction publique dans le budget. Le poids de l'histoire dans une société est très prégnant. La centralisation de l'Etat s'est faite par la force et dans le sang, ne l'oublions pas. Je ne crois pas qu'un changement aussi majeur que son inversion puisse se faire aujourd'hui autrement que par la voie de la démocratie, c'est à dire de l'acceptation populaire. Bon courage! Mais il est vrai que je ne comprends pas grand chose. Aussi, je m'en tiens aux évidences.
bzh
@michael
Friday 11 July | 09:21
La province est une subdivision de plein droit et exercice de l'état fédéral, de dimension européenne elle acquiert l'autonomie d'administration économique, sociale et culturelle en privilégiant d'une part le développement économique et d'autre part une richesse de culture, de patrimoine, de coutumes et de traditions particulières à chaque peuple fondateur de la Nation française en éléments de l'identité nationale et européenne.
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