Publié le 26/11/2008 à 19:13 - Modifié le 27/11/2008 à 14:45 Le Point.fr

La grande peur de Ségolène Royal

Par Michel Richard

La grande peur de Ségolène Royal

L'indignation de Ségolène Royal n'était qu'un investissement visant à démontrer qu'elle était et restait victime du PS. © AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

Retrouvez notre dossier spécial "La guerre des chefs au PS"

Ségolène Royal a eu chaud, et peur. Très chaud et très peur. Elle a failli gagner : autant dire perdre. Voilà ce que c'est de trop bien ourdir des complots, au petit poil près. Le scénario était plutôt simple : l'emporter au vote des motions, puis devancer tout le monde au premier tour de désignation du premier secrétaire, enfin déjouer les reports arithmétiques, franchement défavorables, du deuxième tour, manière de montrer l'irrésistible dynamique de sa popularité, mais attention, pas trop, pas au point de gagner ! Il s'en est fallu de peu : 42 voix. C'était si peu qu'il a fallu gronder, protester, crier à la tricherie, menacer de procédures judiciaires, exiger que l'on revote : c'était bien le moins pour une candidate voulant convaincre ses électeurs et la terre entière de sa farouche volonté de gagner.

Mais Ségolène Royal connaît bien son parti. Elle se doutait bien qu'il s'en tiendrait au premier résultat, fût-il contesté. Son indignation n'était qu'un investissement visant à démontrer qu'elle était et restait victime du PS, ce parti de vieux et de tricheurs. Ramasser la mise, mais surtout pas la mouise que sera le poste ingrat et laborieux de premier secrétaire. Elle n'est pas faite pour ça : les structures l'ennuient, les conflits entre fédérations la fatiguent, les réunions l'assomment. Et puis la croit-on assez folle pour vouloir conduire un parti à qui l'on promet de se vautrer dans quelques mois aux européennes ?

Elle restera maître chez elle, dans sa petite entreprise, Désirs d'avenir, dont elle fera un PS bis à sa main. Elle jouera le contre-pouvoir à Martine Aubry autant qu'à Nicolas Sarkozy. Le magistère de la parole, c'est pas si mal : pouvoir discourir à son gré, et même, ça lui arrive, disjoncter comme une grande. Être présidentiable, en somme.

121 COMMENTAIRE(S)

LESTORET

La grande peur de Ségolène

Monday 8 December | 19:36

Vraiment bien vu Monsieur Richard. C'est bien ainsi, que moi-même j'analyse les attitudes de Mme Royal. Il faut le dire et le redire, vous qui êtes journaliste, afin que les Français sachent bien en définitive, à qui ils ont affaire.

Monté-lucens

Et si ?

Friday 5 December | 07:58

Mme Royal gêne par sa trop grande franchise, sa spontanéité ! Il faut plus de roublardise pour se montrer au sein du P.S quoiqu'Hollande, avec toutes ses synthèses vouloir diviser le parti, n'est pas arrivé à être en dehors du P.S. Alors Royal, bien entourée avec Peillon, Bianco, Vals, Rebsamen (n°2 du P.S) et le rusé Dray, surgira. Espérons-le de ce parti d'hypochrites.

bzh

L'égérie

Monday 1 December | 09:25

D'un phantasme, mais pour cela ,il faut être d'une autre trempe de louve. Un jour un grand directeur m'a dit... "si je comprends bien, madame untel a les ovaires poilus", j'ai répndu "pire, monsieur", réponse" je comprends". Ceci pour dire que dans ce milieu, il faut avoir tous les qualités de la femme et tous les défauts des hommes, battante, requin, démoniaque, et tout le reste.

ERRANCE

ET D'AVENTURES EN AVENTURES...

Sunday 30 November | 22:39

La petite entreprise Désirs d'Avenir sans l'estampille PS, ne vaut pas grand chose. Et surtout, sans les grosses fédérations ou les Présidents de Région pour soutenir Royal. Par conséquent, rien que de l'aventure, tout ça !

Grand-parent

Politique - fiction

Friday 28 November | 13:26

A bien lire l'article, les dernières bagarres du PS ont influencé sa forme puisqu'il n'est pas question ici de politique mais de tactique. Mieux encore de tactique fiction ! Un genre nouveau peut-être. Mais j'ai peut-être " mauvais esprit."

Aurore

L'indignation...

Thursday 27 November | 22:07

- en renard argenté - bien que depuis fort longtemps amortie -au gré des intempéries - sied à son lumineux teint...

charlot 81

@loone

Thursday 27 November | 21:39

Mais si vous prenez d'autres critères qui ont leur importance, comme l'immigration ou la sécurité, son action n'a pas été transcendante puisque c'est une des raisons de sa chute à la présidentielle. Quant au chômage, il suffit d'embaucher des emplois budgétisés et on fait baisser le chômage dans les proportions voulues (emplois-jeunes, enseignants ect..). Pour la dette publique, sa gouvernance a traversé une période de croissance mondiale exceptionnelle mais il n'en a pas profité pour faire baisser le taux d'endettement du pays, trop occupé à financer des emplois étatisés alors qu'en période de croissance, il aurait mieux fallu développer des emplois marchands, c'est de notoriété publique. Les 35 heures ont été un fiasco, et ont profité aux cadres en termes de loisirs mais ont gelé le pouvoir d'achat donc les salaires des plus faibles rémunérations pendant des années, de plus elles ont coûté aussi cher que le "fameux paquet fiscal" si cher à notre gauche et mis la compétitivité des entreprises françaises en péril, et augmenté le stress au travail... Ce bilan a quand même besoin d'être relativisé !

Loone

@Charlot81

Thursday 27 November | 21:00

Quel que soit le critère pris : chômage, croissance, dette publique, le gouvernement de Lionel Jospin a été le meilleur du quart de siècle écoulé. Sur les trois premières années, on peut même pondérer avec les performances de nos voisins. Fillon n'est pas parti pour laisser une trace équivalente avec tout le respect que je lui dois : il a fait une réforme des retraites, avant. Nous vivons dans plein de domaines avec les acquis de la période Jospin, en particulier au niveau de la politique industrielle. Sur ce plan, il serait temps de remettre le travail sur l'ouvrage, sans copinage (Cf. Thalès).

TRIBUN

@ Pierre L. Codet

Thursday 27 November | 20:10

Votre affirmation est gratuite, je réside à l'étranger et NS y est apprécié. Il a quand-même réussi à infliger une sévère correction à Bush, et avec plus de force que le refus d'aller en Irak de Chirac la marmotte. Pour info, j'ai voté Royal... Depuis, j'ai changé d'avis. Non pas que je trouve NS extraordinaire mais disons que c'est le moins mauvais choix. Je suis d'accord qu'on est loin d'un De Gaulle ou d'un Churchill (pour emprunter ailleurs) mais je le répète : à part lui, qui d'autre ?

Yves

Je doute...

Thursday 27 November | 18:38

Tout en reconnaissant à Mme Royal quelques compétences dans le domaine du trucage tactique, je ne pense pas qu'elle ait ni les capacités, ni les conseillers ad hoc pour "monter" la martingale que vous décrivez... Comment faire en sorte que le résultat soit à la fois aussi serré et aussi - elle le dit - douteux ? [...]

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